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Le cloud computing, partout dans le monde


“Pour Microsoft, l’enjeu est de se montrer apte à fournir à ses clients des capacités de cloud même dans les conditions les plus difficiles.”


En associant transportabilité et flexibilité d’une part, solution de connectivité innovante d’autre part (à savoir un accès à Internet par satellite, rendu possible par un partenariat avec SpaceX), l’Azure Modular Datacenter de Microsoft permet de répondre à des besoins très variés. Il représente notamment une solution intéressante d’edge computing – soit le traitement local des données – pour les organisations qui opèrent dans des environnements difficiles.

Alors que la 5G et la fibre optique sont déployées à travers le monde, certaines zones demeurent privées d’une connectivité Internet suffisamment rapide, fiable et abordable, voire coupées du réseau. Il peut s’agir de petits territoires à l’intérieur de certains pays, comme des zones rurales, ou de régions plus étendues dans d’autres pays moins développés, là encore avec un écart important entre les ménages ruraux et urbains.

Ainsi, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), “3,7 milliards de personnes ne sont toujours pas connectées et ne peuvent profiter des bénéfices directs de l’économie numérique mondiale”.

En parallèle, les besoins en connectivité des entreprises ne cessent de croître. Et pour nombre d’entre elles, les besoins en cloud computing aussi. Une des promesses du cloud computing est de pouvoir accéder à ces données et applications depuis n’importe où, ou presque.

Dans certains endroits du monde, en effet, un accès limité à Internet empêche de bénéficier de l’informatique en nuage. Or, c’est parfois dans ces endroits qu’une connexion rapide et fiable, et la disponibilité de certains services, relèvent d’un besoin critique, voire vital.

C’est notamment le cas lors des opérations de secours humanitaire suite à une catastrophe naturelle ou à un conflit. Dans ces situations, transmettre et accéder à certaines informations est crucial pour garantir la sécurité des équipes d’intervention et s’assurer que les personnes en détresse obtiennent, le plus rapidement possible, l’aide dont elles ont besoin dans les régions touchées.

Fournir un accès robuste partout

Plusieurs initiatives ont émergé pour fournir un accès Internet robuste partout dans le monde, qu’il s’agisse de réduire la fracture numérique ou qu’il s’agisse de construire les capacités répondant aux besoins uniques de certains secteurs (industrie minière, défense, aide humanitaire, etc.) ou à certaines situations, comme une interruption temporaire des réseaux et services de télécommunications terrestres.

Le projet Taara de Google X, en cours, entre dans la première catégorie. S’appuyant notamment sur des technologies développées dans le cadre du projet Loon (qui reposait sur l’utilisation de ballons stratosphériques et a été abandonné par la filiale d’Alphabet au début de l’année 2021), il vise à apporter Internet dans des régions mal desservies : “comme la fibre, mais sans les câbles”. Pour cela, Taara utilise la lumière pour transmettre des données à très haut débit sous la forme de faisceaux fins et invisibles.

L’Azure Modular Datacenter (MDC) de Microsoft, quant à lui, entre dans la deuxième catégorie, dans la mesure où il permet de répondre aux besoins variés de certaines organisations en combinant un data center “transportable” et une solution de connectivité innovante rendue possible grâce à un partenariat avec SpaceX, qui lui garantit un accès à Internet via les satellites Starlink. 

L’idée d’un data center conteneurisé, à la fois mobile et modulaire, n’est pas nouvelle. Sun Microsystems a été le premier à proposer l’idée en 2006, suivi deux ans après par IBM. À l’époque, Big Blue vantait la possibilité offerte par un tel dispositif – pouvant être déployé n’importe où dans le monde – d’étendre les capacités d’un centre de données existant à moindre coût et plus rapidement.

Une quinzaine d’années plus tard, à l’ère de l’informatique “hyperscale”, à très grande échelle, l’enjeu pour Microsoft avec MDC est de déployer ses services d’informatique en nuage dans un vaste éventail de scénarios et de se montrer apte à fournir à ses clients des capacités de cloud même dans les conditions les plus difficiles. Et, ce faisant, faire d’Azure une référence pour les applications critiques – dans l’industrie, par exemple – pour des cas d’usage moins marginaux que les missions humanitaires ou les opérations militaires.

Un accès continu aux services informatiques sur le terrain

Dévoilé par Microsoft en octobre 2020, le MDC peut, selon l’entreprise, fonctionner avec une connectivité réseau normale, instable ou sans connexion. Ce data center transportable et modulaire (on peut assembler autant d’unités que nécessaire) est, en substance, une grosse boîte remplie de serveurs et de composants électroniques nécessaires pour le calcul et le traitement local des données (edge computing).

Sécurisé dans un caisson renforcé et protégé par un blindage électromagnétique pour éviter les interférences radioélectriques, Microsoft assure qu’il peut opérer dans une grande variété de climats et de conditions extrêmes. 

Une fois déployé sur site, il doit booster les capacités de calcul et de stockage disponibles, permettant de faire tourner des applications haute performance sur le terrain, de lancer des analyses en temps réel nécessitant une latence ultra-faible ou de soutenir des usages IoT.

Il peut également servir de centre de commande mobile, fournissant des services informatiques (et garantissant leur disponibilité) indispensables au bon fonctionnement et à la sécurité de certaines missions humanitaires, militaires ou industrielles. 

Un partenariat avec SpaceX

Pour bénéficier de cet accès continu à des services informatiques essentiels, les clients commerciaux de Microsoft devront toutefois souscrire une option de “connectivité résiliente” pour leur(s) unité(s) MDC.

Cette connectivité qui se veut sûre et fiable est obtenue grâce à un module qui évalue en permanence les performances du réseau. En cas de perturbation, il déplace le trafic vers une connexion satellite de secours. Alternativement, le MDC peut utiliser ce mode d’accès à Internet comme connexion principale lorsqu’aucun autre réseau n’est disponible.

Pour ce faire, Microsoft a noué une série de partenariats avec des opérateurs de satellites, en particulier SpaceX, dans le cadre de la nouvelle offre Azure Space présentée quelques jours avant le lancement du MDC.

En 2018, l’entreprise fondée par Elon Musk lançait le projet Starlink, s’appuyant sur le déploiement d’une constellation de plusieurs milliers de satellites de télécommunications positionnés en orbite terrestre basse, visant à fournir un Internet haut débit dans les zones mal couvertes par les technologies terrestres. Le data center portable de Microsoft pourra donc se connecter aux satellites de SpaceX.

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