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A Bercenay, le téléport d’Orange fête ses 40 ans


« Les câbles sous-marins s’étendent toujours plus loin dans les mers et les terres, le satellite reste une technologie complémentaire essentielle. »


À Bercenay-en-Othe, le téléport d’Orange fête quarante ans de communications par satellite. Originellement dédié aux communications vocales, ce site stratégique est aujourd’hui une clé complémentaire du réseau pour couvrir tous types de télécommunications autour du globe.

Grâce au satellite, des programmes audiovisuels sont diffusés, des coups de téléphone passés, des vidéos visionnées … : les téléports sont autant de passerelles vers les réseaux filaires. Ils reçoivent et émettent des informations sous toutes leurs formes depuis et vers des satellites en orbite autour de la planète. Dans le cas de Bercenay, l’un des plus gros téléports d’Europe, ce sont des milliers de télécommunications et des gigabits qui transitent chaque jour. Le site compte plus de trente antennes, trois d’entre elles mesurant plus de trente mètres de haut. Le téléport est rattaché à la « colonne vertébrale » terrestre que sont les réseaux IP (IP VPN, OTI, etc.) et relié via satellite à des sites distants et/ou isolés du réseau. On ne couvre pas la terre entière depuis Bercenay : son rayon atteint les côtes du Brésil d’un côté et l’Inde de l’autre. Pour fournir une couverture globale à ses clients, le téléport d’Orange est donc relié à des téléports partenaires, aux États-Unis, en Allemagne, en Australie ou encore en Corée.

Crédits photo : Swifties. Le téléport de Bercenay à ses débuts.

Quand Orange opérait des satellites

Véronique Disdet est Directrice de la Satellite Factory d’Orange, dont la mission est de mettre à disposition des clients internes et externes des solutions de communications par satellite. Le téléport en est bien sûr un élément clé. Comment Orange en est-il venu à développer un site de cette envergure et devenir un acteur majeur en Europe ? Véronique explique : « il y a quarante ans, France Télécom collaborait avec l’armée française sur un grand projet dont le but était de couvrir en télécommunications les DOM-TOM, à une époque où les câbles sous-marins y étaient inexistants. C’est ainsi qu’est né le Téléport de Bercenay en Othe, composé au départ de quelques antennes destinées à transporter la voix, qui était alors analogique ». C’est également à ce moment-là qu’Orange est devenu opérateur de satellites : trois dans le cadre du projet « Télécom 1 », quatre autres pour « Télécom 2 » quelques années plus tard. Le dernier de ces satellites a été décommissionné en 2012.

De l’analogique au tout IP, une évolution technologique

Aujourd’hui Orange achète de la capacité, c’est-à-dire des bandes de fréquence, à des fournisseurs spécialisés comme Intelsat aux États-Unis ou Eutelsat en France – deux acteurs majeurs du marché du satellite. Orange utilise ensuite ces bandes de fréquence pour faire passer des télécommunications, transformant dans le processus les mégahertz… en mégabits ! Car il est loin le temps du téléphone analogique : aujourd’hui, on peut tout transporter, les sons comme les images, via les réseaux IP, ceux-là même sur lesquels transite l’Internet mondial. Pour répondre à ces nouveaux usages et communiquer avec ces nouveaux réseaux, le téléport de Bercenay a fait évoluer ses équipements. Il a aussi fait grandir son offre : historiquement utilisé pour des besoins internes uniquement, le téléport a connu une expansion importante.

Crédits photo : Swifties. Le téléport de Bercenay en mai 2018.

À quoi le Téléport de Bercenay sert-il aujourd’hui ?

À l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon, les DOM-TOM sont désormais suffisamment câblés et n’ont plus le même besoin en communications satellites. Mais il reste bien d’autres zones à couvrir : « Orange fait d’importants investissements en Afrique, notamment dans des pays n’ayant pas accès à la mer – donc aux câbles sous-marins – ou à une bonne connectivité domestique. En RDC, en RCA, au Niger et ailleurs, Orange offre à des opérateurs affiliés des solutions pour relier les territoires entre eux ».

Les réseaux bancaires trouvent aussi dans les satellites un moyen plus fiable d’effectuer les transactions. Orange Business Services, entité d’Orange dédiée aux entreprises, offre grâce au Téléport de Bercenay des services satellites à de multiples clients. ONG et entreprises les utilisent dans les camps de réfugiés, sur les sites de forage isolés ou encore en mer sur les navires. Les ministères, qui y voient une réponse à leur besoin de connexions sécurisées et diversifiées, les utilisent aussi comme systèmes de secours.

Le futur est constellé de satellites

 « Les câbles sous-marins  s’étendent toujours plus loin dans les mers et les terres, le satellite reste une technologie complémentaire essentielle, car il y aura toujours des zones mal desservies et des situations et des contextes dans lesquels il sera plus efficace ». En Afrique toujours, Orange déploie une stratégie ambitieuse pour réduire la fracture numérique en zone rurale, en travaillant avec des fournisseurs locaux pour créer dans les villages des projets de « bulles wifi » à partir d’une connexion par satellite. « Les communications satellites sont aujourd’hui plus que jamais un vecteur d’avenir. Preuves en sont les deux projets de constellations lancés en parallèle par les acteurs OneWeb et SpaceX ». Leur objectif ? Mettre en orbite une myriade de petits satellites pour offrir une couverture globale de la Terre à des tarifs plus concurrentiels. Tant qu’il y aura des satellites en l’air, des infrastructures au sol seront nécessaires et indispensables pour recevoir et renvoyer les signaux dans le réseau mondial : le téléport de Bercenay a encore de beaux jours devant lui.


« Les câbles sous-marins s’étendent toujours plus loin dans les mers et les terres, le satellite reste une technologie complémentaire essentielle. »


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