Le data sharing démultiplie la valeur des données pour les entreprises

Trois personnes comparent des données sur une tablette.
La plupart des données ont une valeur limitée en soi, mais qui s’accroît lorsqu’elles sont regroupées avec d’autres données. Les idées et applications qui en résultent sont susceptibles de transformer les entreprises et de contribuer à résoudre certains de nos problèmes de société. Les risques inhérents au partage des données peuvent cependant dissuader de nombreuses entreprises de tenter de saisir les opportunités qu’il offre. Le “data sharing” est l’art d’organiser des écosystèmes d’échange capables de protéger les données des différentes parties prenantes.

“Le data sharing s’inscrit dans une logique donnant-donnant : il réunit des entreprises autour d’intérêts et de cas d’usage communs.”

Il y a quinze ans naissait un mouvement Open Data, initié notamment par des gouvernements pour ouvrir au plus grand nombre l’accès aux données publiques. Avec les débuts du Big Data, il a changé la donne. Auparavant considérée comme un résidu des systèmes d’information, la donnée est devenue créatrice de valeur. Les entreprises ont souhaité créer de la valeur avec elle, l’augmenter en l’associant avec d’autres et la partager de manière plus organisée et sécurisée. Elles ont travaillé sur les conditions de partage, d’utilisation et de contractualisation pour assurer le respect des contraintes propres à leurs activités, la réglementation, leurs enjeux de brevets, de propriété intellectuelle, de gouvernance, de maitrise de l’utilisation de ces données par des tiers etc.

Donnant-donnant

Avec le Big Data, beaucoup d’entreprises sont déjà dans une démarche de création de valeur avec leurs propres données. Alors les partager, pourquoi pas, mais avec qui, et dans quel but ? Comme l’explique Roxane Adle Aiguier, directrice du Domaine de Recherche Digital Society chez Orange Innovation, “le data sharing est devenu un business en soi, mais qui n’est pas forcément monétaire. Il s’inscrit le plus souvent dans une logique donnant-donnant : l’accord mutuel de partage réunit des entreprises autour d’intérêts et de cas d’usage communs”. Roxane Adle Aiguier donne l’exemple d’une usine de sous-traitants aéronautiques, pour laquelle Orange intervient dans la création d’un “jumeau numérique” de l’usine et des pièces qui y sont produites. Le suivi précis de ces pièces, leur emplacement, leur évolution, est un enjeu critique pour l’avionneur rendu possible par le partage des données entre l’avionneur et ses sous-traitants.

Entre acteurs consentants

Quittons le tarmac pour le plancher des vaches. Les données produites par une machine à traire le lait appartiennent-elles à l’agriculteur ? Au constructeur de la machine ? Chacun a un intérêt particulier à exploiter ces données de manière sécurisée : l’agriculteur pour suivre et améliorer sa qualité de lait et sa production, le constructeur pour augmenter la performance de sa machine et pouvoir faire de la maintenance prédictive. “Ce type de questionnement se trouve souvent dans une zone grise et la mise en place d’un système de ‘data sharing’ permet d’avoir un cadre de confiance avec le consentement de chacune des parties prenantes. Le consentement et la sécurisation sont ici une notion essentielle. Chez Orange, nous intervenons comme tiers de confiance par la création de briques technologiques pour la gestion de ce consentement et la sécurisation. C’est le rôle que nous occupons par exemple dans le projet Agdatahub, une plateforme conçue pour protéger et valoriser l’usage des données agricoles françaises.”

Des Data Lakes aux super plateformes

Les défis et les risques liés à l’agrégation des données ont conduit à l’émergence de plateformes et d’écosystèmes qui facilitent le partage des données. Les Data Lakes forment un premier niveau, où sont entreposées des données brutes non hiérarchisées et non traitées. Quand on augmente le niveau de spécialisation, et qu’on commence à structurer les données par type, par interlocuteurs, on donne naissance à des plateformes verticales dédiées à des cas d’usage spécifiques. Au niveau le plus complexe, on trouve enfin des super plateformes, capables de relier différentes industries. Par exemple, un écosystème de la logistique pourra fédérer à la fois la plateforme routière, celle de la chaîne logistique, etc.

Des filières plus fortes grâce au data sharing

Pour favoriser l’échange de données entre filières de différents pays de l’Union européenne, dans un cadre réglementaire conforme au RGPD, un grand projet de data space européen Gaia-X est en cours de développement. Orange en est partenaire pour accompagner la conception de l’infrastructure technique. “L’engouement pour le data sharing est manifeste, et ses bénéfices pour la société, évidents. Si, à l’heure actuelle, les grands groupes occupent une place prépondérante dans cet écosystème, les petites entreprises ont elles aussi soif de données. Cette situation révèle tout l’intérêt d’une organisation forte par métier, dans laquelle les coopératives, les syndicats de filières joueront un rôle décisif.”

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