En ce moment

Dans les coulisses de la recherche sur des “jumeaux numériques” pour l’industrie


“La Recherche s’attache à produire des choses qui seront rapidement utilisables et exploitables.”


Chaque année, le Salon de la Recherche d’Orange met en avant les projets d’anticipation et d’innovation menés par les équipes Recherche. Ce temps fort est l’occasion de décrypter et de valoriser le travail de ces éclaireurs du futur, dans des domaines stratégiques tels que l’Internet des Objets (IoT).

La Recherche chez Orange se structure autour de neuf domaines prioritaires, dont l’un traite de l’Internet des Objets. Chaque domaine se décline en différents programmes de recherche, eux-mêmes répartis entre plusieurs projets. Si les orientations et la vision globales sont impulsées par les responsables de domaines, il revient ensuite aux équipes d’explorer par elles-mêmes toutes les possibilités qui s’ouvrent dans leur périmètre de référence.

Des équipes pluridisciplinaires

Sylvie Derrien est responsable de projets de recherche au sein du programme Web of Things Platform, dans le domaine IoT. Dans les laboratoires de Rennes, ses équipes sont notamment chargées de construire la plateforme de recherche collaborative Thing’in, et contribuent à l’élaboration de services fondés sur cette plateforme. Anciennement chef de projet sur le déploiement en production d’applications et de services, Sylvie a rejoint la Recherche en 2015, pour se retrouver au cœur de la chaîne de l’innovation d’Orange. Elle y orchestre le travail d’une équipe de recherche pluridisciplinaire, comprenant des chercheurs, des doctorants, des post-doctorants, des développeurs, des architectes et des stagiaires. Loin d’être cloisonné, ce groupe interagit au contraire avec de nombreux tiers et écosystèmes innovants, qu’ils soient internes ou externes, issus du monde académique  ou industriel. A travers ces passerelles, l’équipe contribue notamment au projet européen BIM2TWIN, qui vise à mettre au point une plateforme de jumeaux numériques du bâtiment destinée au secteur de la construction.

L’émulation pour faire naître les idées

Crise sanitaire oblige, les habitudes de travail ont été bousculées ces 12 derniers mois. Si le distanciel a pris une grande place, les méthodes et l’organisation globale restent peu ou prou inchangées. “En général, nous commençons chaque journée par un stand-up meeting, pour maintenir une dynamique et une émulation indispensables afin de faire sortir les idées, explique Sylvie Derrien. Nous travaillons en mode Agile depuis plusieurs années, avec des méthodes décrivant, sprint par sprint, les développements à réaliser sur la plateforme Thing’in pour répondre aux besoins de ses utilisateurs mais aussi pousser de nouvelles idées issues de la recherche. Avec un fil rouge, qui est aussi un défi majeur : construire une plateforme qui soit à la fois générique et capable de répondre à des cas d’usages diversifiés, pour la santé, pour l’industrie 4.0, etc. La plateforme est en effet conçue avec l’ambition de décloisonner les domaines de l’IoT, lesquels fonctionnent souvent selon une logique de silo.”

En explorant les grands axes de recherche, en échangeant, en se challengeant, en étudiant l’existant via  la veille technologique, Sylvie et ses équipes parviennent à de nouvelles idées pour enrichir la plateforme. “Une grande partie de notre travail au quotidien, est d’être curieux, d’identifier les verrous technologiques potentiels et les moyens de les faire sauter.”

Une quête permanente de pertinence

Si la Recherche se penche parfois sur des sujets d’anticipation à un horizon très lointain – on commence déjà à parler de la 6G – elle est en général associée à des enjeux prioritaires en termes de livraison. “Il s’agit de produire des choses qui seront rapidement exploitables et utiles. Nos projets de Recherche ont une dimension pragmatique, et les solutions que nous développons ont toujours une finalité, un objectif de servir, que ce soit à des industriels ou à des académiques. Nous sommes constamment à l’écoute des besoins. Une fois que l’on parvient à un service prêt à être livré, nous nous appuyons sur l’expertise côté exploitation, les entités du Groupe dont le métier est de vendre et de maintenir ces services : du Dev aux Ops.”

Cette quête de cohérence entre les travaux de la Recherche et des cas d’usage ou besoins réels s’illustre dans la solution Thing in Industry, mise au point par l’équipe de Sylvie Derrien et présentée lors du Salon de la Recherche 2021.

Thing In Industry, un exemple de recherche “utile”

En effet, le projet a été lancé suite à une sollicitation de Prolann, entreprise spécialisée dans l’usinage de pièces mécaniques de haute précision. Désireuse d’évoluer vers un modèle d’industrie 4.0, celle-ci s’est tournée vers Orange, et la Recherche a donc activé ses méninges. Le résultat final consiste en une solution de suivi de la production des objets dans l’espace et dans le temps, grâce à l’association des capacités de la plateforme Thing’in et de capteurs de géolocalisation installés dans l’usine. Sa mise en œuvre ouvre la voie à des performances accrues en termes de productivité et de traçabilité sur la chaîne de production pour les industriels.

Mots-clés :

, , ,