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Quand le télétravail, l’IoT et l’IA réduisent nos émissions carbone


“L’analyse des flux de véhicules permet de décongestionner les hypercentres en réaménageant l’espace urbain et en favorisant les mobilités douces.”


Généralisation du télétravail, fluidification du trafic dans la smart city, optimisation de la gestion de l’énergie avec le smart grid, etc. : la transformation numérique essaie de rimer avec transition écologique.

Transition écologique et transformation numérique peuvent-elles aller de pair ? Le bilan carbone du secteur numérique n’est pas anodin : 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre début 2021, le double d’ici 2025 selon l’ADEME.

Mais si le digital pèse sur l’habitabilité de notre planète, il peut être aussi une partie de la solution pour la préserver. C’est le pari fait par le gouvernement français qui entend assurer la convergence des transitions numérique et environnementale. Objectif : accélérer la décarbonation de notre économie, c’est-à-dire réduire notre dépendance aux énergies fossiles.

Sa feuille de route, publiée fin février 2021, prévoit de créer un fonds de 300 millions d’euros dédié aux start-up de la GreenTech et de financer les projets qui mobiliseront la 5G au service de l’environnement dans le cadre du 4e Programme d’investissements d’avenir (PIA).

En effet, le numérique peut se substituer à des activités traditionnelles génératrices de carbone, en limitant notamment nos déplacements professionnels. Exemples avec quatre cas d’usage.

Moins de CO2 grâce au télétravail

La crise sanitaire a validé la faisabilité d’un télétravail de grande ampleur. En France, selon le dernier baromètre annuel de Malakoff Humanis, jusqu’à 41 % des salariés ont télétravaillé durant le premier confinement, réduisant d’autant les déplacements domicile-travail dont une grande partie repose sur la voiture individuelle et est donc très émettrice de CO2. Si ce taux de télétravail a baissé de dix points en décembre 2020, la tendance demeure.

La massification du télétravail a été rendue possible grâce à l’arrivée à maturité de solutions de “digital workplace” réunissant dans une même interface tous les outils de collaboration à distance : visioconférence, chat, agenda partagé, partage de fichiers, etc. Cette nouvelle organisation du travail suppose au préalable de dématérialiser les processus de l’entreprise ; la politique zéro papier constitue un autre avantage environnemental.

La ville intelligente pilotée par la data

La réduction des déplacements est aussi un enjeu fort de la “ville intelligente”. L’analyse des flux de véhicules permet aux décideurs locaux d’optimiser leurs plans de mobilité et de décongestionner l’hypercentre en réaménageant l’espace urbain et en favorisant les mobilités douces.

C’est par exemple la voie prise par la métropole de Toulouse avec son projet VILAGIL. Une plateforme de MaaS (Mobility as a Service) permet au citoyen de connaître en temps réel tous les moyens de mobilité à sa disposition, des transports en commun en passant par les véhicules en autopartage ou les vélos et trottinettes électriques en libre-service… en attendant la voiture autonome.

Ce n’est pas le seul bénéfice de la smart city. En associant Internet des objets (IoT) et intelligence artificielle (IA), elle analyse un grand nombre de données remontées des infrastructures connectées – mobilier urbain, éclairage public, poubelles, bâtiments publics, etc. – pour une meilleure efficience énergétique.

Engagé dans un projet de “territoire intelligent”, Angers Loire Métropole table sur 101 millions d’euros d’économies sur vingt-cinq ans, avec notamment 66 % d’économies d’énergie pour l’éclairage public et 25 % pour la consommation des bâtiments publics, par rapport à la situation actuelle.

Un bâtiment plus sobre en énergie

Après la smart city, le “smart building”. Une multitude de capteurs placés sur les différentes installations (chauffage, canalisations, réseau électrique, climatisation, etc.) du bâtiment devenu intelligent le font gagner en efficacité opérationnelle.

Cela réduit son empreinte carbone – d’après une étude de 2017 du Citepa, le résidentiel et le tertiaire émettent 20 % des émissions de gaz à effet de serre et sont la deuxième source de nuisance environnementale derrière les transports.

Les indicateurs de présence permettent à un smart building de baisser la température et d’éteindre la lumière des bureaux inoccupés. Le bâtiment peut même produire de l’énergie en accueillant sur son toit une ferme urbaine ou des panneaux photovoltaïques pilotés numériquement.

Le smart grid pour gagner en efficience énergétique

Dernier concept smart, le “smart grid” fait, lui aussi, appel à l’IoT et l’IA. Piloté par la donnée, ce réseau intelligent de distribution d’énergie anticipe, à partir de modèles prédictifs, les évolutions de production et de consommation d’électricité ou de gaz.

Cette gestion en temps réel permet d’éviter les situations de “black-out” – les coupures de courant en hiver – et de gagner en efficience énergétique. Face émergée de ce concept, les compteurs “intelligents” Linky et Gazpar rendent accessibles via le réseau des mesures de la consommation d’énergie.

 

Décarboner notre quotidien

Comme nous avons appris à éteindre la lumière ou fermer le robinet, il est possible, à titre individuel, d’adopter un usage plus raisonné du numérique. Se connecter en Wi-Fi plutôt qu’en 3G/4G quand c’est possible, ne pas laisser son chargeur branché “à vide”, nettoyer régulièrement sa boîte e-mail, allonger la durée de vie de ses équipements… L’ADEME propose un certain nombre d’écogestes dans son guide “La face cachée du numérique”.

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