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Santé, sécurité et confort au cœur de la gestion des flux de personnes


“Dans le contexte de la Covid-19, ces technologies s’avèrent particulièrement utiles pour faciliter la mise en œuvre des mesures de distanciation physique.”


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L’analyse et la gestion des flux de personnes, qui reposent sur diverses technologies, sont utilisées dans de nombreux domaines, par exemple pour renforcer la sécurité d’un espace, améliorer le confort de circulation ou augmenter les revenus d’un établissement.

La nécessité de limiter le nombre de personnes dans un endroit pour ralentir la propagation du Covid-19 a mis sur le devant de la scène les technologies de comptage de personnes et, plus largement, d’analyse et de gestion des flux. Dans le contexte post-confinement, de nombreux musées, commerces, entreprises, etc. ont recours à ces technologies pour appliquer les mesures de distanciation physique et protéger la santé de leurs clients et/ou salariés. Mais leurs applications sont bien plus larges.

Le comptage de personnes pour connaître et maîtriser les flux de personnes

En règle générale, le comptage des personnes se fait à l’entrée d’un bâtiment à l’aide d’un appareil installé au plafond, qui compte automatiquement les personnes lorsqu’elles franchissent une ligne virtuelle. La dernière génération de compteurs utilise des caméras 3D embarquant des algorithmes de vision par ordinateur. Moins intrusifs – puisqu’aucune image n’est prise –, les tapis connectés remplissent la même fonction. La solution proposée par la start-up Technis comporte des capteurs de pression intégrés au sol couplés à des techniques d’intelligence artificielle pour reconnaître les évènements captés : impact de pieds, chute, etc.

Ces technologies offrent des avantages dans de nombreux domaines. Dans le secteur de la vente, elles permettent aux commerçants d’évaluer la popularité de leur enseigne, de déterminer les périodes d’affluence et d’allouer le personnel en conséquence, et éventuellement de mesurer le nombre de visiteurs convertis en acheteurs ou l’impact des campagnes de communication. Les directeurs de chaînes de magasins peuvent également effectuer des analyses comparatives et les centres commerciaux peuvent étudier le trafic pour mesurer l’efficacité de chaque zone – ce qui leur servira, par exemple, à fixer le montant des loyers – ou l’encombrement de certaines allées.

Les musées et autres institutions publiques, eux, ont besoin d’utiliser des chiffres précis de fréquentation pour obtenir des subventions et des dons, et respecter les normes de sécurité.

Le comptage des personnes sert aussi de base aux systèmes de gestion des files d’attente. La solution FoxQMS, qui équipe notamment l’aéroport Paris Charles de Gaulle, donne par exemple une estimation en temps réel du temps d’attente aux différents postes de filtrage.

Dans le contexte du Covid-19, ces technologies s’avèrent particulièrement utiles pour faciliter la mise en œuvre des mesures de distanciation physique. Technis a adapté sa solution pour aider les lieux publics et les entreprises à respecter les seuils de personnes à ne pas dépasser. Elle intègre désormais une borne digitale, placée devant le bâtiment, pour indiquer si la voie est libre. Le seuil est configuré et ajusté à partir d’une application.

Le comptage des personnes fait partie du dispositif mis en œuvre par Orange pour faciliter le retour sur le lieu de travail. Le Groupe, qui organise la présence des collaborateurs en adaptant par exemple le nombre de postes disponibles aux effectifs autorisés dans les bureaux ou les usines, utilise un système de ce type pour limiter la fréquentation des endroits tels que les cantines.

La simulation pour garantir la sécurité et le confort

Prise en considération dès la conception des espaces publics ou des bureaux (ou dès lors que l’on cherche à les améliorer), la gestion des flux de personnes répond à plusieurs problématiques : vérifier la capacité d’accueil du bâtiment (et sa capacité à absorber des augmentations d’affluence), garantir une évacuation rapide en cas d’incident et optimiser le dimensionnement des circulations en situation courante pour améliorer le confort. Pour ce faire, les architectes et bureau d’études utilisent souvent des logiciels de simulation de foule, dont la revue Les Cahiers Techniques du Bâtiment détaille le fonctionnement.

Il s’agit de réaliser un modèle simplifié du bâtiment en 2D ou en 3D et de modéliser le comportement des personnes – d’où elles viennent, où elles vont, à quelle vitesse – en situation normale et en cas d’évacuation. Les agents virtuels sont capables de se déplacer sur un parcours complexe et d’éviter les obstacles. Le calcul (par exemple pour une simulation portant sur l’évacuation de milliers de personnes en dix minutes) génère des centaines de trajectoires. Il faut ensuite caler le modèle avec la réalité. Le logiciel comprend plusieurs paramètres par défaut et l’utilisateur va entrer ceux qui correspondent au projet. Les résultats peuvent dès lors être exploités pour dimensionner le bâtiment.

SimWalk a par exemple été utilisé dans la gare de Toulouse-Matabiau pour vérifier si son agencement actuel permettait de supporter une augmentation importante du nombre de voyageurs. 11 240 piétons ont été modélisés par groupes et par type (avec ou sans bagage, personnes à mobilité réduite, etc.). Les résultats ont permis d’identifier des goulots d’étranglement potentiels et de proposer des améliorations.

La biométrie pour contrôler l’accès à un bâtiment et améliorer l’expérience voyageurs

Le contrôle d’accès sur les lieux de travail est un autre domaine d’application de la gestion des flux de personnes. Aux technologies traditionnelles (digicodes, badges, lecteur de QR Code) s’ajoute désormais le contrôle biométrique, qui présenterait l’avantage d’être plus ergonomique et fiable. Son utilisation est toutefois strictement encadrée par la Cnil, les données biométriques étant désormais qualifiées de “sensibles” par le RGPD, et doit être justifiée.

Les aéroports explorent eux aussi la biométrie pour concilier deux exigences : renforcer la sécurité et fluidifier le parcours au sol, c’est-à-dire l’ensemble des étapes par lesquelles passe le voyageur depuis son arrivée dans l’aérogare jusqu’à la montée dans l’avion. L’idée est de créer une correspondance entre les caractéristiques faciales du voyageur et son passeport afin qu’ils puissent passer tous ces étapes sans présenter de documents de voyage. En anglais, on parle de “Single Token Travel”.

En 2018, Delta Airlines inaugure le premier terminal biométrique aux États-Unis, à l’aéroport d’Atlanta, permettant aux clients ayant un vol international direct d’utiliser la technologie de reconnaissance faciale au terminal F. Après avoir entré les informations de leur passeport lors de l’enregistrement en ligne et scanné leur visage sur une borne dédiée, ils peuvent déposer leurs bagages, passer le contrôle de sécurité et douanes et embarquer dans l’avion. La même année, Air France teste sa “Carte d’Accès à bord Biométrique”, consistant à encoder les données biométriques du visage du passager dans le code-barres de sa carte d’embarquement. La compagnie avait prévu de lancer en mars 2020 une expérimentation de ce type dans les aéroports d’Orly et de Roissy-Charles-De-Gaulle.

Sita, la société internationale de télécommunication aéronautique, mène des essais sur différents dispositifs biométriques depuis plusieurs années partout dans le monde. Elle propose aujourd’hui le SITA Smart Path, “la solution de gestion des identités sur tout le trajet la plus complète, où le visage devient la carte d’embarquement”.

L’analyse et la gestion des flux de personnes permettent de connaître le trafic en temps réel et de recueillir un certain nombre d’informations utiles. Essentiels pour améliorer la sécurité et le confort dans les espaces publics, les systèmes de comptage ou biométriques doivent toutefois faire l’objet d’une réelle réflexion quant à leurs potentielles atteintes à la vie privée.


“Dans le contexte de la Covid-19, ces technologies s’avèrent particulièrement utiles pour faciliter la mise en œuvre des mesures de distanciation physique.”


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Comment la CNIL définit la biométrie : “La biométrie regroupe l’ensemble des techniques informatiques permettant de reconnaître automatiquement un individu à partir de ses caractéristiques physiques, biologiques, voire comportementales. Les données biométriques sont des données à caractère personnel car elles permettent d’identifier une personne. Elles ont, pour la plupart, la particularité d’être uniques et permanentes (ADN, empreintes digitales, etc.).”

 

Liens :

Faciliter le retour sur site en toute sérénité : https://www.orange-business.com/fr/dossier/faciliter-le-retour-sur-site

L’article des Cahiers Techniques du Bâtiment sur la simulation en gestion des flux de personnes : https://www.cahiers-techniques-batiment.fr/article/flux-de-personnes-comment-organiser-les-circulations.16765

Le contrôle d’accès biométrique sur les lieux de travail https://www.cnil.fr/fr/le-controle-dacces-biometrique-sur-les-lieux-de-travail

Le monde du transport aérien en 2018 : https://www.icao.int/annual-report-2018/Pages/FR/the-world-of-air-transport-in-2018.aspx