Orange calcule l’impact carbone de ses produits et services pour les entreprises

Les entreprises soucieuses d’évaluer l’impact environnemental de leurs opérations n’ont pas nécessairement les moyens de modéliser celui-ci, en particulier dans le domaine du digital. Afin de combler ce manque, les équipes Innovation d’Orange ont conçu une solution de mesure ad hoc, baptisée MCO2.

Le grand public bénéficie déjà d’outils leur permettant d’estimer l’impact environnemental lié à leurs consommations numériques. Entre un outil de calcul d’empreinte carbone numérique disponible sur les applications clients Orange ou le dispositif Eco Rating pour connaître l’impact environnemental d’un smartphone lors de l’achat, les clients particuliers peuvent se faire une idée du poids de leurs usages mobiles sur l’environnement.

Mesurer l’empreinte carbone d’un produit sur l’ensemble de son cycle de vie, de la fabrication jusqu’à la fin de vie, en passant par son usage.

Quelle empreinte pour quel parc ?

Pour répondre à des enjeux de conformité ou par volontarisme, les entreprises sont toujours plus nombreuses à vouloir estimer l’empreinte carbone de leur activité sur toute leur chaîne de valeur. La démarche est complexe, car elle nécessite de prendre en compte et calculer les émissions indirectes, générées par les services achetés auprès de fournisseurs, tels que ceux délivrés par Orange. “MCO2 est un outil conçu par les équipes d’Innovation et mis à disposition des équipes commerciales afin que celles-ci puissent répondre aux attentes des clients Entreprises désireuses de connaître l’empreinte carbone de leurs produits et services Orange, explique Christel Fauché, Senior Product Manager Attentes Clients. Celle-ci est calculée de façon spécifique, sur la base du parc installé chez un client, c’est-à-dire le nombre de lignes et la technologie utilisée (Fibre ou ADSL), le nombre de mobiles, le type de routeurs… L’ambition de MCO2 à terme est de prendre en charge, dans le calcul, le cycle de vie complet du produit, de l’extraction des matériaux nécessaires à sa fabrication jusqu’à la fin de vie, en passant par l’usage.”

Équipements, réseaux et services

Dans son principe, le calcul de l’empreinte carbone proposé avec MCO2 se décline sur trois axes : les émissions issues des équipements clients, celles liées aux réseaux, et celles des services. Pour les équipements, l’outil se concentre à ce jour sur les routeurs dans leur période d’utilisation. Il prendra en compte l’empreinte environnementale de fabrication une fois que les industriels auront finalisé les travaux d’analyse du cycle de vie de leurs produits. Pour le volet Réseaux, les équipes se sont appuyées sur des données formalisées par Orange avec le cabinet Carbone 4, intégrant la fabrication et l’exploitation des infrastructures. “Des experts internes Réseaux ont également partagé leur savoir-faire pour déterminer les clés de répartition de l’impact carbone, ajoute Maria-José Presso, Développeuse. L’objectif consiste à partir d’une modélisation complète de la consommation énergétique du réseau dans sa globalité, de définir des critères d’allocation pour la répartir en fonction des usages des clients. Une méthode de calcul couramment utilisée est l’allocation par volume de données transférées : pour chaque Go, nous connaissons l’équivalent CO2 généré.” Nous l’avons affinée pour prendre en compte la réalité des consommations.

La data, le nerf du calcul

Techniquement, MCO2 est un outil relativement simple, qui carbure pour l’essentiel à la data. “La solution intègre de multiples données de référence, précise Guillaume Boudry, Expert empreinte carbone. Des données telles que l’énergie consommée par un Go (giga octet) sur un réseau cuivre pour la partie Réseaux, provenant du travail d’expertise interne, des données issues des constructeurs ou d’études pour déterminer la consommation et l’empreinte des équipements – les routeurs en l’occurrence – etc. Le travail de modélisation s’opère à l’aide de modèles choisis selon leur reconnaissance au niveau international ou leur capacité d’adaptation au domaine qui nous intéresse.” L’aspect technique du projet MCO2 va de pair avec une réflexion sur le design de l’outil, afin de faciliter sa prise en main, ainsi que sur l’exigence de transparence. Il s’agit de pouvoir renseigner en toute clarté les hypothèses choisies, la fiabilité et l’ancienneté des données de référence, la méthode de calcul retenue, etc. Le développement de l’outil MCO2 fait aussi l’objet d’une attention particulière pour créer un outil le moins impactant possible sur l’environnement : c’est-à-dire, ne développer que le nécessaire pour limiter la consommation électrique du serveur où est hébergé l’outil et limiter le transfert de données.

Élargir le spectre

Cette première version de MCO2 est amenée à s’étoffer dans les mois à venir, avec plusieurs objectifs en tête. L’outil devrait notamment être décliné à l’attention des équipes Marketing d’Orange, afin d’évaluer et d’optimiser l’empreinte carbone de produits et services durant leur cycle de développement. Il devrait également voir son scope s’élargir, afin d’intégrer le calcul de davantage d’équipements, de plateformes, d’offres, selon une logique de bout-en-bout, en incluant les étapes de fabrication et de fin de vie.

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