5G Stand Alone : une boite à outils encore plus flexibles

La 5G Stand Alone, ou 5G SA, permet de s’affranchir des infrastructures existantes de la 4G. Elle améliore l’expérience des clients Orange, entreprises comme grand public, en adaptant la connectivité à leurs besoins. Cette évolution du haut débit mobile répond à l’augmentation constante de la consommation de données sur les réseaux mobiles.
Véritable “boite à outils encore plus flexibles”, cette technologie permet une meilleure optimisation du réseau et s’appuie sur une gamme de fréquences inexploitée pour répondre à des usages spécifiques. Des antennes intelligentes, capables de se mettre en veille quand elles sont inutilisées, confèrent à la 5G SA une meilleure efficacité énergétique.

Jérôme Colombain : On va parler du futur de la téléphonie mobile et notamment du futur de la 5G. Le futur proche, en fait. La 5G a vu le jour il y a maintenant un an en France, mais on sait qu’elle n’est pas encore à sa version définitive. La « vraie » 5G, ce sera ce qu’on appelle la 5G standalone, la 5G pure.

On va parler de ça avec Arnaud Vamparys, directeur des réseaux mobiles pour le groupe Orange. Bonjour.

Arnaud Vamparys : Bonjour.

JC : Donc la 5G représente évidemment déjà une évolution par rapport à la 4G. Mais en quoi va consister l’évolution de cette 5G, Arnaud Vamparys ?

AV : Effectivement, il y a deux étapes dans l’introduction de la 5G. Une 5G qui est associée à la 4G, ce qu’on appelle 5GNSA, « non standalone ». C’est quoi ? C’est mettre des antennes plus intelligentes sur les toits terrasses, sur les pylônes. Des antennes qui ne couvrent pas tout le temps, partout, mais au moment où c’est utilisé, à l’endroit où c’est utilisé. Plus performantes, plus de débit, d’expérience client et moins consommateur d’énergie.

Ça, c’était la première étape. Et là, effectivement, on travaille sur l’évolution de la 5G, une 5GSA, « standalone », c’est à dire séparée des modes précédents. On en a une par décennie. On a eu 2G, 3G, 4G, 5G, on prépare, on recherche la 6G et l’évolution de la 5G, donc « standalone ». On va avoir un nouveau cœur de réseau. C’est quoi ? C’est l’endroit où circule l’ensemble des données de nos clients et on renouvelle complètement cette partie.

JC : C’est à dire qu’aujourd’hui la 5G s’appuie, en partie, sur des infrastructures existantes liées à la 4G. Et l’idée, c’est de s’en affranchir pour qu’elle devienne encore plus performante.

AV : Voilà, pour une deuxième étape. Donc on a trois parties à changer. Une partie de base de données, une partie de signalisation et une partie de trafic clients. Donc on renouvelle le tout vraiment dans une technologie qu’on appelle « cloud natif », c’est à dire qu’on peut séparer le logiciel et le matériel. On peut mettre les différents éléments réseaux sur une même infrastructure, sur des mêmes serveurs. Ça veut dire que c’est une 5G qui est pure, sur lequel on n’est plus obligé d’utiliser des éléments de la génération précédente et ça nous permet d’aller vers un concept qui s’appelle le slicing. Donc qui est cette différenciation de qualité de service ou de niveau de sécurité.

JC : C’est-à-dire qu’on découpe la 5G en tranches ?

AV : Oui, on découpe le réseau virtuellement, voilà, en différentes parties. En tranches, on peut dire ça comme ça. Et c’est déjà très demandé côté entreprises.

JC : Pourquoi ?

AV : Parce que ça leur permet vraiment d’adapter la connectivité à leurs besoins. On a besoin parfois de débit, parfois de temps de réaction très courts, et donc on a une forte demande déjà, dès aujourd’hui. Et on fait déjà des réseaux 5GSA, en tant qu’Orange, sur des réseaux privés, sur des sites industriels par exemple. Et progressivement on va faire ça sur l’ensemble du réseau national du réseau public. Et ça, c’est en cours de préparation.

JC : C’est ce qui va permettre de prioriser des flux, c’est à dire, par exemple, de réserver de la capacité à certains opérateurs : je ne sais pas ; les urgences ou des entreprises qui payent plus, comment ça va se passer ?

AV : Déjà, on conserve naturellement toujours un Internet de base pour tout le monde, le même. Mais ça nous permet d’adresser des besoins plus particuliers. Effectivement, ça peut être pour des véhicules d’urgence, pour les forces de police ou de gendarmerie sur le même réseau. Mais également pour l’ensemble des entreprises qui, elles, ont besoin de bien connaître le niveau de connectivité qu’ils vont avoir.

En fait, on connecte de plus en plus d’objets sur nos réseaux. On a quand même 40 % de croissance, de nouveaux usages par an. Et surtout avec des caractéristiques très différentes. Ce n’est pas la même chose de connecter un capteur, une commande d’objets, un smartphone, une caméra HD sur un réseau mobile. On a également des usages en mobilité. Beaucoup. Mais on a également des personnes qui utilisent le réseau mobile comme accès fixe. Et donc nous, en tant qu’opérateur, ça nous permet d’avoir une boîte à outils beaucoup plus flexible pour avoir toujours la meilleure connectivité pour chacun de nos clients, qu’il soit grand public, entreprise ou même en offre de gros.

JC : Alors vous utilisez différentes technologies, notamment l’Open RAN. Qu’est-ce que c’est ?

AV : Ça, c’est une autre étape qui est, une fois qu’on a posé les différents éléments du cœur de réseau, sur une même infrastructure, on souhaite également le faire pour tout le traitement du signal. Voilà la partie d’accès et ça, c’est l’étape suivante d’Open RAN. On vient d’ailleurs d’ouvrir en tant qu’Orange, le premier centre d’intégration, en France, Open RAN.

JC : Mais cet Open RAN apportera quoi ?

AV : Ça permet trois choses. D’avoir une grande diversité de fournisseurs, puisque toutes les interfaces sont rendues compatibles. De mettre, également, la partie accès mobile sur la même infrastructure progressivement que le cœur de réseau. Et également pouvoir avoir une meilleure optimisation, intelligence dans le réseau. Pour deux choses, je vous disais que les antennes ne couvrent plus tout le temps partout, mais au bon endroit, au bon moment. Donc améliorer cette partie dite de « Beamforming » est importante pour nous. Pour continuer à être numéro un de la qualité, on l’a été en 4G, on l’est en 5G NSA, en France, en Espagne, et on souhaite l’être en 5G SA. Et troisième partie, c’est également sur cette capacité à paramétrer le réseau, de le faire vraiment en temps réel.

Et ça on voit bien quand on commence à faire du slicing – donc la découpe de ce réseau Beamforming -, on doit automatiser des millions de paramètres et il faut qu’on puisse le faire nativement dans les équipements.

JC : Le Beamforming, rappellez-nous ce que c’est ?

AV : Beamforming, voilà : l’antenne va ne pas couvrir tout le temps, partout, mais juste à l’endroit où c’est utilisé, au moment où c’est utilisé. Et donc avoir un logiciel capable de prédire l’usage qu’on va avoir dans la cellule radio, c’est important. Ça va être un élément différenciant entre les opérateurs.

JC : Donc on est vraiment dans la – j’allais dire la modernisation, non – dans l’évolution, mais on va aller vers la vraie 5G, finalement.

AV : On a déjà quand même une vraie 5G puisqu’on a eu la stratégie pour Orange de faire une 5G différenciante par rapport à la 4G. Donc on n’a pas souhaité juste afficher le logo 5G. Mais vraiment avoir, quand on est sous couverture 5G, un confort d’usage et en particulier vidéo visio, aujourd’hui, excellent pour nos clients.

JC : Alors il y a une autre évolution qui est très attendue, c’est le passage et l’ajout d’une nouvelle gamme de plages de fréquences. Ce sont les fameux 26 GHz.

AV : Oui alors peut-être, il faut que je rappelle un peu les différentes bandes de fréquences qu’on a. On a des fréquences dites basses c’est entre 700 et 800-900 MHz. Ces fréquences qui sont très bien pour couvrir à l’extérieur des bâtiments, mais couvrir aussi à l’intérieur des bâtiments. Donc ça, on les utilise depuis la 2G et ça nous a permis de définir l’endroit où on a fait les différents sites : les pylônes, les toits terrasses, où on a mis nos antennes.

On a une deuxième catégorie de bandes de fréquences : des bandes intermédiaires. Là, on est entre 1,8 GHz, 2,1,  2,6, maintenant 3,4 GHz. C’est d’ailleurs très proche de ce qu’on utilise chez soi avec le Wi-Fi. Ces bandes de fréquences là nous permettent petit à petit d’avoir plus de débit pour nos clients ; puisque comme on a 40 % d’usages en plus par an, on a une demande de plus en plus forte et on a utilisé ces fréquences pour rajouter, ce qu’on appelle dans le jargon, de la capacité sur le réseau, pouvoir avoir plus de clients, plus d’objets.

Là, on va avoir une troisième bande de fréquences, qui est beaucoup plus haute. Donc qui permet de partager, par exemple 10 gigabits localement, mais qui ne pénètre pas bien les bâtiments.

JC : Oui, elle a une qualité, c’est la bande passante. Et le défaut, c’est la portée.

AV : Voilà, portée, en quelques centaines de mètres et puis qui ne pénètre pas bien les bâtiments. Par contre, elle peut être très utile dans des cas très précis. Par exemple, on la teste actuellement dans une gare. Beaucoup de personnes au même moment, on voit bien, c’est un lieu d’attente, ça peut être très utile.

Ça peut être très utile, dans un lieu industriel : on a un usage très fort de caméras HD. Ça peut être également très utile dans un stade où il y a beaucoup de monde : on va avoir les JO 2024, bientôt, en France. C’est des bandes de fréquences qui peuvent être intéressantes dans ces contextes-là.

Donc naturellement, nous, on souhaite toujours utiliser les sites existants, là, où on a déjà des antennes. Et peut-être que ponctuellement, à certains endroits, avec un déploiement raisonné, on va rajouter cette bande de fréquences. Que ça soit pour un usage en mobilité mais localisé comme dans une gare ; que ça soit pour un usage fixe, dans des pays où le déploiement de la fibre n’est pas très avancé, où cette technologie peut apporter en complément, du déploiement de la fibre. Il faut toujours une fibre jusqu’au site mobile.

JC : Oui, bien sûr.

AV : Et puis pour les entreprises.

JC : Tous ces développements technologiques, sont faits en interne, chez Orange ?

AV : C’est fait avec un écosystème assez large de partenaires industriels. Nous avons effectivement, au sein d’Orange Innovation, des équipes qui travaillent sur la recherche, donc avant la standardisation. Qui ont commencé d’ailleurs un travail sur la 6G. Et également, nous contribuons beaucoup à la standardisation et après aux tests avec des partenaires jusqu’au déploiement dans les 27 pays du groupe.

JC : Merci beaucoup Arnaud Vamparys.

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