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Un écosystème multi-vendeurs pour préparer la 5G de demain


“Un premier appel 5G SA interopérable et authentifié, fruit d’une collaboration multi-parties prenantes”


La 5G telle qu’elle commence à se déployer depuis quelques mois est une évolution de la génération de réseaux précédente. C’est avec l’arrivée de la 5G dite 5G StandAlone que ce réseau du futur délivrera toutes ses promesses. Le socle d’un réseau 5G SA virtualisé et à la demande se construit et se teste dans un laboratoire d’Orange, dans le cadre d’expérimentations fédérant plusieurs acteurs clés de l’écosystème.

Une évolution dans l’immédiat, et une révolution à l’horizon 2022/2023 : c’est ainsi que l’on peut décrire la montée en puissance programmée de la 5G. Même si le bond en avant par rapport à la 4G est d’ores et déjà perceptible avec le déploiement progressif des premiers réseaux commerciaux, il faudra encore attendre quelques années avant que la nouvelle génération de réseaux mobiles ne donne toute la mesure de son potentiel.

La 5G SA en chantier(s)

D’une 5G dite Non StandAlone car reposant encore en partie sur l’infrastructure 4G existante, nous passerons alors à l’ère de la 5G StandAlone, totalement autonome, plus flexible, plus performante, plus résiliente. Et celle-ci se structure et s’affine dès aujourd’hui, grâce à une coopération étroite entre acteurs clés de l’écosystème. Cet effort se déploie notamment à Lannion, sur l’un des sites d’Orange, où un jalon majeur a été franchi au début du mois d’octobre avec la réalisation d’un premier appel 5G SA. Si ce cap n’est pas sans précédent dans l’industrie, l’expérimentation entreprise à Lannion se distingue en ce qu’elle associe une multitude de fournisseurs partenaires, illustrant ainsi l’interopérabilité entre des briques technologiques différentes. En effet, l’initiative rassemble des acteurs de tous horizons, avec des degrés de maturité divers sur les nouveaux réseaux. Certains sont établis, reconnus et incontournables, tels que Nokia et Ericsson pour les volets radio et cœur de réseau.

Entre “gros acteurs” et nouveaux entrants

D’autres occupent davantage une position de challenger et bénéficient d’une visibilité moindre sur le marché. Ils n’en sont pas moins pertinents pour jouer un rôle moteur dans le développement de ces futurs réseaux purement 5G. La société américaine Casa Systems, notamment, apporte dans le cadre de cette démonstration son expertise en matière d’IT et de gestion des accès câble/fibre, alors que les protocoles cœur de réseau se déplacent, avec la 5G SA, vers la sphère web/Cloud. HPE compte aussi parmi les partenaires du projet, ainsi qu’Openet pour les aspects liés à la redescente des règles de qualité de service pour des sessions Data ou Voix. Côté terminaux, deux des principaux fondeurs mondiaux, Qualcomm et Mediatek, ont proposé des prototypes, parmi lesquels des smartphones du fabricant Oppo. “Le montage de cet environnement multi-parties prenantes, et la démonstration qui en découle, ont permis d’appréhender la maturité de l’interopérabilité, souligne Philippe Hémon, chef de projet Expérimentations 5G chez Orange. A cette occasion, nous avons pu explorer certains sujets tels que le remplacement d’une fonctionnalité de réseau provenant d’un partenaire X par celle d’un partenaire Y. Cette étude se concrétisera demain, dans un réseau 5G SA opérationnel, par la possibilité de sélectionner au sein d’un catalogue, de façon dynamique et via le Cloud, la meilleure application du meilleur partenaire, selon des paramètres adaptés au cas d’usage : facilité d’instanciation, rapidité d’exécution, résilience, etc.”

Donner vie au réseau automatisé et “à la demande”

Un peu plus tôt dans l’année, le réseau expérimental déployé à Lannion avait donné lieu à une première expérimentation valorisant certains traits novateurs de la 5G : le slicing (le découpage du réseau en tranche) et l’automatisation. “Avec les premières générations de réseaux, nous avions une infrastructure unifiée pour servir tous les clients, avec un engagement de qualité de service unique, reprend Philippe Hémon. Puis nous avons commencé à déployer des réseaux plus spécifiques ou ciblés, pour soutenir les besoins et usages d’entreprises par exemple. Avec la 5G SA et toutes les possibilités ouvertes par les technologies Cloud, l’Edge Computing et l’automatisation, nous évoluons vers un réseau souple, personnalisable et à la demande. La démonstration réalisée avec Casa Systems et HPE mettait en œuvre un mini-robot connecté à un réseau 5G SA, capable de reconnaître les dégradations de qualité de service et de remonter en temps réel une alerte vers l’orchestrateur pour créer à la demande une nouvelle tranche de réseau spécifique dédiée au robot. Et ce qui pouvait prendre quelques heures avec la première génération de virtualisation peut désormais être accompli, avec les technologies de type Cloud implémentées sur le cœur de réseau – Kubernetes, containers, etc. –, en moins d’une minute. Soit une résilience optimale et indispensable pour des applications critiques et très sensibles en termes de latence.”

Des travaux de recherche qui se poursuivent

Après ces étapes majeures, le laboratoire de Lannion se projette sur d’autres sujets d’études. Ce genre de test est indispensable pour maîtriser cette nouvelle génération de réseaux et faire partager cette expérience avec l’ensemble des pays où Orange est opérateur. Il permet également de référencer les meilleurs fournisseurs mondiaux.

A plus long terme, des projets de recherche sont initiés en collaboration avec le Technopôle Anticipa, le Pôle Images et Réseaux, Lannion Trégor Agglomération pour explorer les cas d’usage liés à la 5G comme les drones et les activités portuaires et nautiques de la région.


“Un premier appel 5G SA interopérable et authentifié, fruit d’une collaboration multi-parties prenantes”


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