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Open RAN : les opérateurs européens accélèrent


“Avec l’Open RAN, nous pourrons sélectionner les meilleurs sous-systèmes, et disposer d’un vecteur fort de différenciation.”


Au début de l’année 2021, cinq grands opérateurs européens se sont engagés à accélérer la disponibilité de solutions de réseau d’accès radio ouvert (Open RAN). L’initiative a vocation à favoriser cette évolution majeure des technologies pour la 5G, en particulier pour l’écosystème Européen.

L’Open RAN, c’est la promesse de réseaux d’accès radio plus ouverts, plus flexibles, plus innovants et plus performants. Et ces atouts s’exprimeront autant du côté des opérateurs en termes de déploiement et d’exploitation, qu’au niveau des clients finaux qui bénéficieront, notamment, d’une qualité de service améliorée.

Stimuler l’écosystème, accélérer les développements

L’accord officialisé le 20 janvier 2021 et signé par Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone est un nouveau jalon dans le développement de l’écosystème à l’échelle européenne. Les opérateurs sont la tête de proue de la dynamique Open RAN, et tous sont invités à rejoindre l’initiative – un pas qu’a franchi l’italien TIM début février. Mais pourquoi faire et de quelle façon ? “L’objectif premier est d’accélérer la mise à disposition de solutions Open RAN en vue d’un déploiement rapide en Europe, résume Olivier Simon, Directeur innovation sur les réseaux radio chez Orange. Un enjeu corollaire et sous-jacent consiste à stimuler le développement de l’écosystème européen pour ces solutions. Cela suppose de clarifier les exigences clés vis-à-vis du monde industriel, en clarifiant nos besoins en tant qu’opérateurs. Dans le cadre de cette initiative, les opérateurs membres pourront travailler et échanger afin d’identifier des priorités communes et les exigences relatives aux différents cas d’utilisation techniques, afin que les fournisseurs puissent focaliser leurs efforts là où c’est important. C’est tout le sens et l’objectif du Technical Priority Document en cours d’élaboration, qui sera partagé avec les industriels au mois d’avril 2021. Il s’agit par ailleurs de structurer des mécanismes de soutien et d’incitation, en partenariat avec la Commission Européenne et les gouvernements, destinés aux entreprises innovantes des technologies Open RAN.”

Des moyens ad hoc et ouverts pour les fabricants

Le développement de l’écosystème Open RAN passera aussi par la mise à disposition de nouvelles ressources d’intégration. Contrairement à ce qui a cours pour les réseaux traditionnels, où quelques fournisseurs développent de façon isolée des solutions mono-bloc, la logique Open RAN s’appuie sur des laboratoires de test ouverts. Les nombreux fournisseurs de sous-systèmes pourront s’y réunir pour y expérimenter leurs solutions, les intégrer et garantir l’interopérabilité et la performance du système de bout-en-bout ainsi créé. Des laboratoires de ce type sont déjà installés à Berlin, Turin et Madrid, et Orange en lancera un prochainement sur son campus de Châtillon, près de Paris. Pour l’opérateur, la feuille de route Open RAN est clarifiée : déploiement des premiers systèmes indoor, réseaux ruraux et privés en 2021 et 2022, et des premiers systèmes pour réseaux urbains en 2023. A partir de 2025, l’ensemble des équipements radio Orange qui seront déployés pour nos réseaux mobiles seront compatibles avec l’Open RAN.

Une exploitation plus souple des réseaux

Dès lors, quels seront les gains concrets liés à la déclinaison de l’architecture Open RAN dans les réseaux mobiles ? Du point de vue des opérateurs, elle est perçue comme un vecteur de compétitivité et de différenciation. Dans le modèle Open RAN, on raisonne en sous-systèmes, avec une vision “fournisseur agnostique”, et non plus sur la base d’une solution d’un seul tenant. “Cela signifie, explique Olivier Simon, que nous pourrons sélectionner les meilleurs sous-systèmes et les assembler, au lieu d’opter pour un seul système plus ou moins performant dans son ensemble. De ce fait, l’Open RAN offre la capacité de se différencier des autres opérateurs. Il est aussi un biais d’optimisation des coûts, en élargissant les modalités d’exploitation et de partage des réseaux. La façon dont nous partageons aujourd’hui nos sites mobiles est relativement rigide. Demain, les possibilités seront étendues, et il sera possible par exemple de partager l’ensemble du hardware (modules radio et infrastructure) sans avoir à mutualiser la partie logicielle.”

Une qualité accrue pour le client final

Pour l’utilisateur final, l’impact attendu réside dans une montée en gamme de l’expérience et des services mobiles. Un grand apport de l’Open RAN concerne l’implémentation d’un module de nouvelle génération, boosté à l’intelligence artificielle : le RAN Intelligent Controller RIC). Entre autres applications, ce contrôleur sera notamment capable d’apprendre et d’analyser les flux et les comportements d’utilisateurs avant d’ajuster ses capacités en conséquence. Prenons l’exemple d’une route. Là où une station de base traditionnelle ne peut que deviner l’emplacement approximatif des téléphones mobiles sans savoir précisément où ils se trouvent, le RIC aura fait l’apprentissage de la mobilité pour anticiper la position des téléphones mobiles et diriger avec finesse le signal radio vers elles. Il en résultera, au bout du compte, une qualité de service optimisée.

La plupart des utilisateurs mobiles ne le savent pas, mais l’Open RAN est donc aussi fait pour eux !

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