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Mesurer et guider : l’apport de la data dans la réponse à la crise sanitaire

Deux femmes scientifiques dans un laboratoire, discutant de données médicales.

“Paradoxalement, la crise a eu aussi des impacts positifs : elle a accéléré l’innovation”


La Data-IA a été au cœur de la réponse scientifique à la pandémie de Covid-19, permettant de développer des modèles épidémiologiques et de mesurer l’évolution de la mobilité des populations. C’est un des grands enseignements du livre blanc récemment publié par Sofrecom.

Comment prévoir l’évolution d’une pandémie, matière complexe qui mélange des considérations biologiques et sociales ? Comment donner au pouvoir politique des grilles d’analyse pour évaluer l’efficacité des mesures sanitaires ? La Data-IA ou Data Intelligence a offert des solutions concrètes face à ces nouveaux défis imposés par la crise sanitaire : modèles épidémiologiques de prévision, analyse des données de mobilité des Français ou cartographie spatio-temporelle de la circulation du virus.

“La pandémie a eu des conséquences catastrophiques sur notre économie et notre société. Mais, dans l’urgence, il a fallu faire face et trouver des solutions innovantes. Et, paradoxalement, la crise a eu aussi des impacts positifs : elle a accéléré l’innovation et renforcé l’utilisation des outils digitaux y compris les données et l’IA”, analyse Samia Bendali-Amor, Directrice Conseil IT & Services Réseaux de Sofrecom.

Mesurer la mobilité de la population

L’analyse des données mobiles s’est imposée comme un outil essentiel dès le début de la pandémie. En 2020, alors que les états du monde entier décidaient les uns après les autres de se confiner, il y avait un besoin urgent de mesurer l’évolution de la mobilité de la population, afin de connaitre  dans quelle mesure ces restrictions étaient perçues  et quels étaient leur effet sur la circulation du virus. Les données des téléphones portables sont apparues comme un outil essentiel  pour étudier cette mobilité, au regard d’un taux de pénétration de 102% et 5,1 milliards de souscripteurs  uniques dans le monde. 

Guider la décision publique

Une large communauté de scientifiques et des entreprises privées se sont mobilisées pour rendre utilisables rapidement ces données. Le consortium INSERM-Orange Labs a lancé en mars 2020 le projet EVALCOVID-19, financé par l’agence National de la Recherche,  destiné à étudier les changements dans les comportements de mobilité des Français et ses impacts. A titre d’illustration, l’analyse des données anonymisées des téléphones mobiles à travers l’outil Flux Vision d’Orange Business Services a permis de mesurer une baisse de 65% de la mobilité pendant le premier confinement, notamment des déplacements liés au travail et à la scolarité, mais aussi de constater que cette baisse était variable selon des facteurs géographiques et socio-économiques. Ces travaux ont donné lieu à une publication dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet Digital Health. Flux Vision a également été utilisé par les autorités d’autres pays européens et africains pour guider les décisions sanitaires.

L’enjeu éthique au cœur des préoccupations

“Si la crise actuelle offre l’opportunité de démontrer la valeur de ces indicateurs de mobilité, elle met aussi en exergue les problèmes de leur gouvernance”, constate Stefania Rubrichi, Expert Data-IA à Orange Innovation. “Ces indicateurs construits à partir des usages de nos clients sont en effet très sensibles quant à leur collecte, stockage, utilisation voire partage. Tout cela pose des questions légitimes en termes juridiques, économiques et éthiques.” Pour prendre en compte toutes ces questions Orange s’est doté en mars 2021 d’un Conseil éthique de la donnée et de l’IA.

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