L’open source à la base des réseaux du futur

Cédric Ollivier, Network Automation Expert chez Orange, vient d’être élu à la gouvernance de la Linux Foundation Networking, au siège de représentant des développeurs. Pour Cédric comme pour Orange, cette nomination est une reconnaissance de la qualité des contributions réalisées depuis plusieurs années pour la communauté open source.

“En favorisant l’émergence de technologies standards de fait, l’open source répond à des problématiques partagées par tous les opérateurs.”

La Linux Foundation Networking (LFN) est la division réseau de la Linux Foundation. Ce consortium à but non lucratif regroupe des milliers de contributeurs, qui poursuivent l’objectif de redéfinir la manière dont sont créés les réseaux et les services de demain. Il rassemble notamment les plus grandes entreprises du secteur. “L’open source est un environnement méritocratique, où la validation par les pairs est la plus haute expression de reconnaissance, confie Cédric. C’est un honneur d’avoir été élu à la gouvernance de la LFN. Les contributions que nous publions avec Orange sont avant tout la preuve de notre implication sur ces sujets, et l’affirmation d’une conviction. Orange voit dans l’open source non seulement un moyen de favoriser la Recherche et l’Innovation collaborative, mais surtout l’opportunité de modifier l’écosystème telco en profondeur. L’enjeu est élémentaire : en développant des interfaces plus unifiées, nous facilitons nos intégrations (l’installation de logiciels et d’équipements dans un système d’information), et plus simplement notre métier.”

Un moteur pour la virtualisation

La LFN travaille sur une quinzaine de grands projets, en particulier des sujets stratégiques comme la virtualisation des réseaux et leur orchestration. Le projet OPNFV (Open Platform for Network Function Virtualization) par exemple, dont Orange est premier contributeur, vise le développement d’une plateforme pour intégrer des fonctions réseau virtuelles dans le cloud. “Avec la virtualisation des réseaux, le logiciel prend le pas sur le matériel. C’est synonyme de courtesreleases, donc de nombreuses mises à jour et autant de versions à tester rapidement. Pour répondre à cette évolution technique, l’automatisation des tests est un enjeu crucial” C’est l’un des premiers outillages réalisés dans le cadre du projet OPNFV. Aujourd’hui, Orange l’utilise en interne pour vérifier ses infrastructures.

Créer du standard de facto

Le Groupe est également très actif sur le projet ONAP (Open Networking Automation Platform), soutenu par des opérateurs, parmi lesquels Orange, mais aussi AT&T, Verizon ou Vodafone. L’intérêt pour ces acteurs est de porter une voix commune, en demandant à leurs fournisseurs d’intégrer la technologie dans leurs produits. Grâce à ce levier, Orange peut utiliser l’ONAP pour assurer une meilleure automatisation de son futur réseau 5G, par exemple. La même approche collaborative est adoptée avec le CNTT (Common NFVI Telco Task force), dont l’ambition est de créer et documenter une infrastructure commune de virtualisation des fonctions réseau. En favorisant l’émergence de technologies standards de fait, l’open source répond à des problématiques partagées par tous les opérateurs, et contribue à développer des réseaux plus efficaces.

Les entreprises, plus “open” que jamais ?

C’est ainsi que l’open source trouve de plus en plus sa place dans la stratégie d’acteurs comme Microsoft par exemple, qui a racheté le géant de l’hébergement de logiciels GitHub pour 7,5 milliards de dollars en 2018. Cédric Ollivier énumère les avantages de l’open source pour le secteur : “En adhérant à l’open source, on n’accède plus seulement à ses compétences et connaissances internes, mais à l’ensemble des experts du secteur : c’est une mine d’aide intarissable. Aucune entreprise n’est capable de financer seule un tel potentiel de Recherche et d’Innovation. C’est aussi un moyen de renforcer son image de marque, puisque les contributeurs interviennent lors de conférences, publient des rapports et sont mis en avant sur les projets. La question n’est pas d’aller vers du tout open source, mais de prendre conscience des gains que peuvent obtenir les acteurs d’un même secteur en rassemblant certaines ressources. Dans le cadre de la virtualisation des réseaux, en particulier, nous voulons montrer l’intérêt qu’ont les opérateurs à travailler ensemble dans une direction commune.”

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