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L’infrastructure télécom, un service virtualisable comme les autres ?


Les clouds publics n’assurent pas forcément le très haut niveau de performance exigé par les applications télécoms.


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La virtualisation des fonctions réseaux change en profondeur la culture et les modes opérationnels du monde des télécoms. Orange participe à cette révolution en mettant au point de son propre “cloud opérateur”.

Les réseaux télécoms à l’ancienne, avec un équipement physique par fonction, c’est bientôt fini. “La tendance générale dans notre secteur est à l’accélération”, explique Stéphane Demartis, directeur Cloud Infrastructure & Service chez Orange. “Or, aujourd’hui, il nous faut en moyenne 18 mois pour tester, valider et installer un nouveau composant réseau. Cela ne colle plus avec le rythme du marché, où nous devons être capables d’ajouter ou de mettre à jour des composants beaucoup plus rapidement”.

C’est ce qui explique le virage entamé par l’industrie des télécoms depuis quelques années, avec la softwarisation des réseaux et la virtualisation de leurs fonctions (“network function virtualization”, NFV). En clair : les fonctions sont de moins en moins portées par un équipement physique dédié et de plus en plus par des logiciels installés sur des serveurs standards, hébergés dans des Datacenters plus ou moins centralisés. Dès lors, comme pour n’importe quelle application professionnelle, la gestion d’un réseau télécom peut basculer dans le cloud – avec tous les avantages que cela comporte traditionnellement.

API et automatisation

Selon Stéphane Demartis, “un cloud opérateur pour gérer un réseau présente de nombreux avantages sur le plan technique. Tout devient accessible ‘as a service’ : non seulement les logiciels, mais aussi les plateformes offertes aux développeurs, pour proposer de nouvelles applications sans se soucier de l’hébergement ; et jusqu’à l’infrastructure elle-même, que l’on peut construire sur des serveurs virtuels exactement adaptés à nos besoins”. A la clé ? Un gain de temps dans la validation des composants et des mises à jour, ainsi qu’une mutualisation des équipements synonyme de  souplesse dans la gestion et de consommation d’énergie réduite.

Surtout, cette architecture rend beaucoup plus flexible la création et la gestion des réseaux, grâce à la fourniture d’API. Par exemple, confie Stéphane Demartis, “on sait gérer une hausse ponctuelle de trafic sur une antenne mobile – nos réseaux sont dimensionnés pour ça. Mais demain, avec la 5G, quand il s’agira d’absorber des variations 20 à 50 fois supérieures, nous devrons être capables d’adapter localement notre réseau”. La solution passera alors par des API d’automatisation, capables d’ouvrir ou de fermer des capacités en temps réel, en fonction de la demande.

Garder la maîtrise de l’infrastructure

Pour toutes ces raisons, Orange travaille à la mise au point de son propre cloud opérateur, baptisé Orange IaaS (comme “Infrastructure as a Service”). Une première version de la solution a été mise en exploitation en Espagne l’été dernier. Orange IaaS commence à être déployée en Pologne, en Slovaquie, en Roumanie et, bientôt, en Belgique, tandis qu’une nouvelle version embarquant plus de fonctionnalités devrait être proposée en janvier 2020.

Mais pourquoi développer son propre cloud opérateur, plutôt que faire appel aux solutions du marché ? De fait, les offres cloud abondent aussi bien chez des acteurs mondiaux comme Amazon, Google et Microsoft, que chez Orange Business Services avec sa solution Flexible Engine. Stéphane Demartis explique : “Les opérateurs, Orange inclus, ont un intérêt stratégique à conserver la pleine maîtrise de leur infrastructure. Qui plus est, les clouds publics n’assurent pas forcément le très haut niveau de performance exigé par les applications télécoms. Et puis, nous avons des contraintes très spécifiques en termes de design, de contrôle, de sécurité et de réglementation – autant de paramètres qui plaident pour un déploiement de l’infrastructure au sein d’un cloud privé dédié”.

Vers une norme commune à l’industrie ?

Cette approche “propriétaire” n’implique pas pour autant qu’Orange fasse cavalier seul. Au contraire, le Groupe est fortement impliqué dans les groupes de travail qui élaborent une norme pour les clouds opérateurs et l’IaaS. Un objectif recherché dans le cadre de la GSMA, et au sein de l’OPNFV ‑ le projet collaboratif, placé sous l’égide de la Fondation Linux, qui vise à accélérer le développement et le test des fonctions réseaux virtualisées en open source.

Pour Stéphane Demartis, en effet, “l’idée d’Orange IaaS n’est pas tant de vendre cette solution à d’autres opérateurs que de contribuer à l’émergence d’un modèle et de standards communs à l’ensemble du secteur”. De fait, tous les opérateurs font face aux mêmes défis, et ont dû essuyer les plâtres au moment de lancer leurs premiers projets NFV. Le résultat, c’est qu’il existe presque autant d’approches qu’il y a d’opérateurs et de fournisseurs de solutions réseaux.

“Aujourd’hui”, conclut Stéphane Demartis, “nous avons tout intérêt à travailler ensemble, entre opérateurs et avec nos fournisseurs. Chez Orange, nous sommes convaincus c’est le seul moyen de rationnaliser un écosystème encore très fragmenté, et de réussir, à terme, à concrétiser toutes les promesses du NFV”.


Les clouds publics n’assurent pas forcément le très haut niveau de performance exigé par les applications télécoms.


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