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L’IA, clé d’une exploitation pertinente des datas


« La règle des 4V du Big Data ? Vitesse, vélocité, véracité et valeur »


L’Internet des objets (IoT) et les objets connectés eux-mêmes prennent une place de plus en plus importante dans le quotidien des utilisateurs. Pour Patrice Slupowski, Directeur Digital Innovation d’Orange, le traitement des données générées par cette multitude d’objets ne peut se passer de l’intelligence artificielle (IA).

Le secteur de l’IoT affiche une expansion considérable, portée en partie par l’ampleur des investissements industriels (ils devraient atteindre 62 milliards de dollars en 2018 selon une étude réalisée par IDC fin 2017). Elle s’accompagne par l’entrée d’un nombre croissant d’objets connectés dans notre quotidien qui génèrent une gigantesque quantité  de données. Ces données constituent une véritable mine d’or pour développer de nouveaux services… à condition d’être traitées et exploitées dans le respect des règles d’éthique, de confiance et de sécurité. Pour Patrice Slupowski, Directeur Digital Innovation d’Orange, ce formidable levier de croissance ne peut être actionné qu’en recourant à une autre technologie : l’intelligence artificielle.

En quoi est-il pertinent  de  coupler l’Internet des objets à l’intelligence artificielle ?

Patrice Slupowski. L’Internet des objets repose sur la connexion d’une myriade d’objets qui fonctionnent en réseau. Il va entraîner la production de quantités gigantesques de données brutes. Ces données doivent être qualifiées et transformées en informations exploitables. Pour y parvenir, l’utilisation de l’IA semble incontournable. Les outils comme les algorithmes ou encore les mécanismes d’apprentissage comme le deep learning vont nous permettre de traiter, d’analyser, et in fine d’utiliser au mieux ces masses de données.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret ?

Patrice Slupowski. Nous avons travaillé pour la plate-forme e-santé Sanoia et l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris). Nous sommes intervenus sur l’analyse de données d’activité de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Il s’agit d’une maladie très invalidante qui touche 1 % de la population et évolue par poussées. Nous avons équipé 150 patients de bracelets d’actimétrie. Leur fonctionnement est similaire aux bracelets connectés distribués dans le commerce pour le bien-être et le sport. Grâce au développement d’une IA spécifique et à l’exploitation des données, nous avons été en mesure d’identifier et de prédire la survenance de ces poussées. A terme, l’objectif est d’ajuster l’administration des traitements de façon beaucoup plus précise.

Les données couplées à l’IA permettront de rendre les solutions IoT plus intelligentes. Selon vous, la data va-t-elle devenir l’eldorado tant annoncé ?

Patrice Slupowski. Les promesses autour de la data sont liées à la capacité à réinventer toutes les activités humaines en construisant des modèles « data-driven ». La vitesse à laquelle les données sont produites et la montée en puissance des micro-processeurs laissent penser que nous allons connaître des bonds gigantesques dans de nombreux domaines : santé, énergie, industrie… Nous serons capables de comprendre des corrélations entre différents facteurs et d’imaginer des applications au potentiel insoupçonné jusqu’à présent.

Quelle est la nature de ces données ? Sont-elles toutes collectables et exploitables sur le plan technique mais aussi réglementaire ?

Patrice Slupowski. Il est important de faire la distinction entre les données anonymes et les données personnelles. En ce qui concerne les premières, on parle souvent, dans le domaine du Big Data, de la règle des 4 V : vitesse, vélocité, véracité et valeur. Elles sont fondamentales dans le travail des data scientists. Parmi ces quatre priorités, la véracité est probablement le point le plus important. Elle consiste à assurer la qualité des données qui vont être exploitées.

Et en ce qui concerne les données personnelles ?

Patrice Slupowski. Dans ce domaine, le sujet le plus important reste le respect de la vie privée. A partir du 25 mai 2018, le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données), issu du travail de la CNIL et de ses homologues européennes, va fixer un cadre harmonisé à l’échelle de l’Union européenne et donner de nouveaux droits aux citoyens en matière de collecte et d’utilisation des données personnelles. Ce document rappelle un principe fondateur : les données personnelles appartiennent fondamentalement à l’individu. Cela signifie qu’à partir de 2018, c’est bien l’individu qui devra être en contrôle de ses données.

Pour revenir à la question de l’IA et de l’IoT, quels sont les bénéfices d’une telle alliance ?

Patrice Slupowski. L’aptitude de l’IA à battre l’être humain aux échecs ou au jeu de Go est un exemple spectaculaire de ses capacités, mais l’essentiel n’est pas là. La data a de fortes chances de devenir un atout dans de très nombreux domaines bien moins futiles du point de vue de l’utilisateur. L’IA et l’IoT vont permettre à ce dernier de mieux se connaître, de simplifier sa vie digitale, de découvrir de nouvelles expériences, de protéger sa vie privée… Les entreprises ne seront pas en reste : ce croisement va permettre de générer des gains de productivité, de mieux connaitre leurs clients, de transformer leurs activités, d’initier de nouveaux business, d’améliorer des processus…

Parfois, ces nouvelles capacités computationnelles inquiètent certains sur la place de l’humain dans les dispositifs de demain. Qu’en pensez-vous ?

Patrice Slupowski. Les progrès attendus autour de l’IA génèrent beaucoup d’attentes et beaucoup de promesses, mais aussi quelques fantasmes. Nous touchons à des sujets de transformation tellement profonds que certains en profitent pour se replonger dans des scénarios décrits par les écrivains de science-fiction depuis fort longtemps.

Dans les faits, nous sommes aujourd’hui face à des IA dites « faibles ». Elles sont capables de résoudre des problèmes dans quatre grands domaines : la compréhension du langage, l’analyse de données poussées pour identifier des corrélations, la classification de données en temps réel (par exemple pour la vision par ordinateur) et le gain à des jeux aux règles claires comme les échecs.

L’humain a toujours sa place à plusieurs titres, et pour longtemps ! C’est le cas tout particulièrement pour sa capacité à exprimer et reconnaitre des émotions. Affirmer la place de l’humain dans le développement du digital est au cœur de nos préoccupations chez Orange, que ce soit dans le quotidien de notre entreprise, dans les politiques de développement des compétences de nos collaborateurs, ou encore dans l’écoute de nos clients.

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