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Le Vote : une nouvelle énergie pour la démocratie digitale et locale

L’un des symboles de la démocratie, c’est l’acte de voter. Mais le taux d’abstention peut, parfois, s’avérer très élevé. Face à cet enjeu, Le Vote, un service de la Civic Tech créé par Orange, apporte une solution intéressante. Elle se compose d’un site web pour les élus et d’une application mobile pour les citoyens. Fondée sur la technologie blockchain, cette innovation est déjà utilisée par un certain nombre de municipalités. A découvrir…

Le Vote : l’organisation concrète d’une élection digitale

Que se passe-t-il une fois le protocole d’accord signé entre une commune et les équipes de Le Vote ? L’élu en charge d’organiser la consultation se connecte à l’interface web développée par Orange. Il accède à un back office pour configurer le scrutin : le titre de la consultation, la question posée aux citoyens, le contexte du scrutin, la date de début et de fin de l’opération. Puis il active  la publication de la consultation. Les électeurs (les personnes ayant officiellement déclaré habiter la commune) sont alors notifiés de l’arrivée d’un nouveau scrutin, via l’application Le Vote qu’ils auront préalablement téléchargée. S’ils le souhaitent (ce qui est généralement le cas), ils votent en ligne ; à tout moment et où qu’ils soient !

Guillaume Odriosolo, CEO de Le Vote chez Orange : « Notre solution s’adresse plutôt à de grandes villes citadines. Nous avons déjà travaillé avec une  grande mairie pour tester cette solution et avons donc signé une convention d’un an. En fait, nous profilons chaque offre au cas par cas, pour qu’elle soit en adéquation avec le budget de la collectivité locale concernée. Celle-ci peut financer Le Vote via les économies générées par la dématérialisation des actions de consultations électorales. Elle sait aussi qu’elle sera gagnante en termes de volume d’interactions avec les habitants de sa commune ».

Le vote électronique sera l’avenir dans maintes situations. Pourquoi ? Cette solution digitale simplifie énormément la tâche de l’organisateur du scrutin via l’interface web, et l’électeur lui, s’exprime par un simple clic sur une application mobile, qu’elle soit iOS et Android.

Une solution facilement utilisable à l’international

Dès le départ, Le Vote a été conçu comme un outil simple où l’enrôlement, aussi bien pour le citoyen que pour l’élu, ne nécessite aucune action de la part d’Orange. Les utilisateurs sont complètement autonomes. Un modèle qu’il sera bientôt possible de proposer partout dans le monde.

Guillaume Odriosolo résume : « nous avons déjà plusieurs early adopters. Le Vote favorise une nouvelle énergie citoyenne et souhaite devenir un acteur majeur de la Civic Tech ».

Pour que le réflexe numérique se généralise en matière électorale, la solution proposée doit être fondée sur un protocole transparent, robuste et sécurisé.

 

Le Vote : et si on soulevait le capot ?

Guillaume Odriosolo (GO), CEO de Le Vote, nous relate les coulisses technologiques de Le Vote, élaboré avec la blockchain…

Pourquoi avoir retenu la blockchain pour développer Le Vote ?

GO : Cette technologie apporte des processus sécurisés de stockage et de transmission de l’information,  fonctionnant sans organe central de contrôle. En effet, les transactions, effectuées par les utilisateurs du réseau, sont regroupées par blocs. Chacun est validé par les nœuds du réseau, appelés « les mineurs ». Une fois le bloc validé, il est horodaté et ajouté à la chaîne de blocs.

Quelle fut l’impulsion qui a déclenché  ce projet ?

GO : J’ai senti une révolution en marche avec la blockchain. Je m’intéresse à cette technologie et à la cryptomonnaie bitcoin depuis 3 ans. La force du concept est cette absence de tiers de confiance et de centralisation de la data. Le consensus est distribué. Ce n’est pas une organisation, ou une seule personne morale ou physique qui certifie l’information, mais le réseau, grâce à la force d’un protocole. Dès lors, l’information est validée aléatoirement par une multitude de points qui constituent le réseau. Cerise sur le gâteau : le protocole sur lequel est fondée la blockchain la rend très robuste.

Comment la blockchain intervient-elle dans le développement de Le Vote ?

GO : A chaque fois qu’un habitant de la ville utilisatrice de Le Vote effectue son choix électoral, celui-ci est envoyé et écrit sur la blockchain. Dès lors, chaque vote est sécurisé. De plus le résultat d’un scrutin l’est aussi puisque ce n’est que l’addition de ces différents votes cumulés dans la blockchain qui est affiché.

Comment cela se passe-t-il, dans la vraie vie, avec l’interface web pour les élus et avec l’application destinée aux citoyens ?

GO : L’organisateur du scrutin, donc le maire ou la communauté de communes, se connecte sur le site internet « Le Vote » pour configurer la consultation. Sont alors affichés : le titre, les dates de début et de fin de l’opération, le contexte, les questions posées, un visuel illustratif etc… Une fois publié, le scrutin sera à la disposition des votants qui ont téléchargé l’application mobile « Le Vote » (sur iOS et Android). Ils auront été informés grâce à un push de notification sur l’application.

Est-ce que la blockchain intervient bien dans ces deux cas ?

GO : Cette technologie est en effet mise en œuvre dès lors qu’un électeur effectue son choix par son vote unique et que les résultats sont bien consolidés à la fin du scrutin.

Comment avez-vous approché les élus pour travailler avec eux ?

GO : Nous travaillons activement avec les Directions Régionales d’Orange, La Délégation des Relations avec les Collectivités Locales d’Orange qui connaissent parfaitement les besoins et le contexte des élus sur notre territoire. Sans eux, nous ne pourrions avancer si vite. En outre, sans notre collaboration étroite avec les élus, nous n’aurions pas pu co-construire ce produit si rapidement.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans ce projet ?

GO : Le sujet du choix de la blockchain est majeur. Il existe des centaines de blockchain dans le monde avec des performances ou des usages qui diffèrent de l’une à l’autre. Chaque service doit se poser la question de ces besoins et faire le choix de son infrastructure et donc la blockchain en conséquence. Concernant Le Vote, nous avons opté pour une blockchain publique qui apporte certes des valeurs de sécurité mais surtout de transparence.

Pour en savoir plus : blockchain publique/privée.

Où en êtes-vous avec la phase de test ou d’expérimentation ?

GO : Notre méthode « Lean Startup » nous impose de penser tout de suite au produit entre les mains de nos clients et utilisateurs, et non en terme de « proof of concept » (prototype). Dans les faits, nous avons donc un panel de clients, que l’on pourrait nommer « early adopters », et donc un produit qui est fonctionnel pour eux, ce qui nous permet d’intégrer des évolutions au fil de l’eau.

Comment avez-vous travaillé sur le design à la fois de l’interface web mais aussi de l’appli citoyens, selon quelle méthode ? 

GO : Notre méthode place UX (l’expérience utilisateurs) au cœur de la conception du produit. Il y a un an, nous avons consacré 3 ou 4 mois à nous entretenir avec des acteurs du vote : des représentants d’entreprises, les RH, des syndicats, des associations ou encore des citoyens. Nous avons écouté, formalisé les besoins, les blocages, et su déterminer où se nichait la plus forte opportunité. Une fois ces données de marché collectées et les premiers clients consolidés, la conception n’est que l’aboutissement ou la réalisation de cette écoute active. Notre Designer est le garant de cette culture client et produit, qu’il transcrit par l’intermédiaire d’une maquette. Grâce à une collaboration fructueuse et agile entre le designer, le chef de produit et les équipes techniques, la maquette devient rapidement un produit fini.

Le mot de la fin ?

GO : Généralement, je partage avec l’équipe la vision du service et ensuite ces derniers transforment l’essai pour en faire un super produit !

L’aventure de Le Vote, c’est comme un sport collectif. Nous nous battons tous ensemble pour réussir. Peut-être suis-je le coach, mais les vrais artistes et ce qui donne vie à tout cela, c’est l’unité et la passion de toute l’équipe. C’est-à-dire aujourd’hui, quinze personnes qui avancent sur Le Vote. Parmi lesquels 1 UX, 1 UI, 1 product owner, 1 CTO, des développeurs, du business et des spécialistes du marketing et communication.

Pour en savoir plus :
levote.orange.com
● voir l’encadré sur la blockchain

Technologie récente, la blockchain en est déjà à sa troisième génération

1 : Le bitcoin en 2009
Cela a permis une blockchain très robuste mais dotée d’une technologie peu performante et scalable.

2 : La blockchain ethereum en 2014
Ici intervient la notion de smart contract : il s’agit d’automatiser un logiciel dans la blockchain.

3 : Depuis 18 mois
Prévaut dorénavant un esprit « peer 2 peer », avec des algorithmes décentralisés.

Toute blockchain fonctionne avec une monnaie programmable (par exemple le bitcoin).

Il existe des centaines de blockchains.
Le protocole est quasi à chaque fois le même. Chaque blockchain a ses qualités intrinsèques. Performance, coût, scalabilité, etc… Ce qui est important, c’est que les transactions sont visibles sur l’ensemble du réseau. C’est la transparence assurée.

La blockchain, c’est comme un livre ouvert, anonyme et infalsifiable, que chacun peut consulter, mais qu’il est impossible d’effacer. Je vote ? Nul ne pourra effacer, ni modifier mon vote et je peux en plus vérifier moi-même le résultat officiel en toute transparence.

Blockchain : privée ou publique ?
La comparaison entre ces deux mondes et un peu la même que celle que l’on peut faire entre internet et intranet.

Le monde des blockchain publiques : internet.
Une infra ouverte à tous, dépendant de la collectivité, pas très performante mais où la sécurité est très forte par le fait que toute la planète participe et observe la blockchain.
Donc si vous n’avez pas besoin de beaucoup de performance, de scalabilité forte ou que vous souhaitez rendre transparents/ouverts l’échange de vos datas, alors les blockchains publiques sont une bonne orientation. Exemple de blockchains publiques : Bitcoin, Ethereum, Litecoin, Dash…

Le monde des Blockchain privées : intranet.
Une infra fermée, accessible sur invitation et où la performance, le dimensionnement n’a de limite que la volonté de ses administrateurs.
Les blockchains privées sont par exemple utilisées entre banques, qui entre elles, ne se font pas confiance mais qui souhaitent sécuriser et automatiser les échanges, en milieu fermé.
La blockchain privée ou « de consortium » est alors un atout pour ce genre de cas d’usage. Exemples de blockchains privées : Hyperledger, NXT…

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