Le Li-Fi, une alternative pertinente et complémentaire au réseau Wi-Fi

Alors que les experts s’accordent sur un essor sans précédent des connexions dans les prochaines années, le Li-Fi crée une petite révolution en permettant de communiquer par la lumière. Une voie économe et écologique utilisant le spectre optique comme alternative pertinente et complémentaire au Wi-Fi, alors que le spectre radio devient de plus en plus saturé.

Ces dernières années, smartphones et tablettes ont accéléré les usages. Les communications se multiplient partout, à tout moment. Les volumes de données échangées explosent, et de leur côté, le nombre d’objets connectés devrait atteindre entre 30 et 60 milliards en 2020. Un contexte sous tension dans lequel le Li-Fi (Light Fidelity) pourrait bousculer le paysage digital en proposant un mode de communication alternatif utilisant les LED, les diodes électroluminescentes. Une petite révolution… qui remonte au xixe siècle !

Contrairement au Wi-Fi qui utilise la partie radio du spectre électromagnétique, le Li-Fi utilise le spectre optique pour transférer les données sans fil. En 1880, l’inventeur du téléphone Alexander Graham Bell a fait pour la première fois la démonstration d’une possible transmission du son par la lumière du soleil. En 2005, à l’occasion de la montée en puissance des LED, la technologie est revisitée avant d’arriver sur le marché au début des années 2010.

Présentée par certains comme le nouveau standard de communication pour sa capacité à décongestionner les réseaux radio, la solution s’avère plus sobre en énergie, et plus respectueuse de l’environnement.

Le Li-Fi utilise la lumière artificielle et les propriétés des LED pour transmettre à grande vitesse les données (texte, image, vidéo, son) à l’image du langage binaire utilisé en informatique. Nul besoin de câble, la lumière suffit.

La technologie est simple à utiliser, car elle utilise le réseau électrique commun, n’est pas associée aux contraintes d’attribution des fréquences, et enfin, est compatible avec les ampoules à LED commercialisées aujourd’hui.

Utiliser le Li-Fi, c’est également freiner son exposition aux intrusions, car la lumière ne traverse pas les murs.

Une lumière moins énergivore, un Internet plus vert

Utilisant des LED peu énergivores, le Li-Fi limite en effet son impact sur la consommation énergétique du bâtiment. Plus globalement, en s’affranchissant du réseau filaire, il allège le bilan énergétique des transmissions de données. Mieux, la synergie entre éclairage et services connectés intervient à point nommé pour les communes tenues de remettre leur éclairage urbain aux normes.

Économes, les LED des lampadaires peuvent créer un réseau de communication à l’échelle d’un quartier, particulièrement intéressant dans le cadre d’une « smart city » truffée de services connectés. De nombreuses collectivités et entreprises confirment dès à présent leur intérêt pour communiquer avec les citoyens, les clients, les salariés…

Les applications sont multiples, y compris dans les musées, les commerces, les gares et stations de métro où les réseaux Wi-Fi et 4G sont déjà bien chargés.
Le Li-Fi leur permet aussi de faire d’une pierre deux coups. D’une charge initiale liée à leur réseau d’éclairage, cette technologie devient à présent une source de revenu (un investissement ?) et d’interaction supplémentaire dans leur relation client en s’appuyant sur un réseau déjà déployé.

Cette diffusion d’information localisée est également incitative pour les professionnels soucieux d’éviter les interférences électromagnétiques comme les hôpitaux ou les écoles, les crèches. Avec le Li-Fi, moins d’ondes radio sujettes à controverse.

Des contraintes à lever

Pour la plupart des experts, malgré le saut technologique, il ne s’agit pas tant de substituer le Li-Fi au Wi-Fi, mais de jouer les complémentarités, notamment pour apporter une connexion géolocalisée « des derniers mètres ». Un délestage qui devrait contribuer à rationaliser l’usage du Li-Fi.

Il est d’autant moins question de faire disparaître le Wi-Fi que l’Internet par la lumière doit encore lever certaines contraintes. L’accès bidirectionnel à Internet est encore aujourd’hui réservé aux ordinateurs équipés de modem luminaire USB. Les smartphones et tablettes reçoivent des informations par les LED sous couvert de l’usage d’une clé audio Li-Fi. Des tests réalisés avec des smartphones récents montrent qu’il devient maintenant possible de ne plus utiliser le dongle Li-Fi, mais le parc des mobiles doit s’adapter progressivement.

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