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KeeeX, la start-up qui permet la certification de documents

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Les solutions permettant de vérifier l’identité des personnes vont se généraliser.


La multiplication des “deep fakes”, fraudes et actes de cybercriminalité rend essentielle la certification des données. Un écosystème d’innovation s’est formé autour de plusieurs grands acteurs clés et de start-up. L’une d’elles, la Française KeeeX, a développé une solution de certification et de traçabilité des documents numériques ainsi que des processus d’entreprise internes. Rencontre avec son fondateur Laurent Henocque, chercheur en informatique.

Comment est née votre start-up KeeeX ?

L’idée de départ était de transformer n’importe quel type de document en fichier “augmenté” par des métadonnées techniques et par des preuves d’intégrité, d’identité et de date, fichier dont l’empreinte cryptographique peut être ou non ancrée dans la blockchain. Notre valeur ajoutée réside dans le fait que les preuves sont autoportées.

C’est-à-dire ?

Aujourd’hui, la protection des données se fait au moyen d’infrastructures coûteuses et extrêmement compliquées. On range les fichiers dans des coffres-forts numériques ou des tuyaux cryptographiques. Un fichier “keeexé”, lui, peut être rangé dans une “boîte en carton”, c’est-à-dire un système économique de stockage “objet”, comme le cloud ou les disques d’une entreprise par exemple. J’ajoute, et c’est une autre valeur ajoutée, que nous ne sommes pas tiers de confiance : si KeeeX venait à disparaître, il serait possible pour n’importe qui de vérifier l’authenticité d’un fichier “keeexé”.

La confiance est un des grands enjeux du numérique. Qu’apporte la technologie blockchain ? En quoi constitue-t-elle une rupture ?

La blockchain est aujourd’hui la technologie la plus robuste. Elle représente un tsunami au niveau industriel parce qu’elle permet à des parties de contracter sans avoir besoin de se faire confiance, finalement, et de dématérialiser des documents et des process qui ne pouvaient pas l’être auparavant dans des secteurs comme la logistique maritime, où le niveau de digitalisation est encore faible. Cela induit des retours sur investissement considérables.

Avec la blockchain, la relation entreprise-client gagne en confiance dans la mesure où son implémentation donne au client l’assurance d’accéder à des informations en sachant que l’entreprise n’a pas pu tricher. L’élément clé, c’est de garantir que personne, à aucun moment, n’a pu altérer les données ou produire de contrefaçons.

Dans le domaine de la traçabilité alimentaire, par exemple, nous utilisons la technologie KeeeX associée à la blockchain avec la société Bonjour Le Bon, qui permet à ses clients d’obtenir des informations vérifiables sur la provenance et la qualité des produits qu’ils achètent. Tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement peuvent contribuer et le système garantit que les informations que l’on a sous les yeux proviennent d’acteurs authentifiés et contiennent des preuves infalsifiables de leur intégrité.

Votre certificat d’authenticité permet aux utilisateurs de vérifier l’intégrité des fichiers et l’identité de leurs auteurs, mais aussi de reprendre la main sur leurs propres données en les rendant infalsifiables. Ce type de solutions est-il amené à se développer dans les prochaines années avec des usages grand public ?

J’en suis convaincu. Les solutions permettant par exemple de vérifier l’identité des personnes, de s’assurer que notre interlocuteur (un contact sur un réseau social, l’expéditeur d’un e-mail, etc.) est bien la personne que l’on pense vont se généraliser. De plus en plus d’outils techniques vont être utilisés, mais sans doute de façon imperceptible, sans que les gens ne s’en rendent compte ni sachent quelle technologie il y a derrière.

Par exemple ?

Aujourd’hui, la plupart des compagnies d’assurances demandent à leurs assurés de prendre des photos lors d’un sinistre. Le besoin de valeur légale des photographies augmente alors même que les technologies de fraude se multiplient. C’est pour cette raison qu’en 2017, nous avions présenté, au Consumer Electronics Show de Las Vegas, Photo Proof, une solution qui donnait une valeur probante aux photographies. Elle permettait aux utilisateurs de prendre des photos certifiées, géolocalisées, horodatées et ancrées dans la blockchain, lors d’un état des lieux d’entrée, de la location d’un véhicule ou d’un accident de voiture. Malheureusement, cette offre grand public n’a pas marché comme nous l’espérions, donc nous avons décidé de l’arrêter.

Mais elle existe aujourd’hui en version BtoB…

Oui, Photo Proof pro facilite les audits à distance et permet aux organisations de recueillir des photographies, des vidéos, des signatures, des documents de synthèse, etc., sans qu’il soit nécessaire d’envoyer des collaborateurs sur place. Cela nous a été demandé par la Fondation UEFA pour l’enfance qui, en tant qu’ONG, doit justifier de la bonne utilisation de ses fonds et a donc des exigences d’audit élevées. Envoyer un auditeur à l’étranger, en particulier dans un pays en guerre, coûte extrêmement cher, entre 10 000 et 20 000 €, ce qui limitait le nombre de projets qu’elle pouvait financer.

Vous avez signé plusieurs contrats importants avec de grands groupes français, notamment dans le domaine de la traçabilité logistique et de la dématérialisation des documents des entreprises…

Oui, en effet. Nous travaillons notamment avec la SNCF sur la gestion des documents d’habilitation du personnel, qui est un enjeu important pour l’entreprise. Ces documents, qui peuvent être contrôlés à tout moment, sont nombreux. Chez SNCF, chaque collaborateur peut avoir jusqu’à quatre habilitations qui peuvent être renouvelées tous les ans, donc il est question de centaines de milliers de fichiers. Ce partenariat est exemplaire de ce que KeeeX propose de faire, c’est-à-dire traiter de très grands volumes de documents confidentiels, qui n’ont aucune raison d’être hébergés en dehors de l’entreprise, et encore moins sur des serveurs à l’étranger.

Par ailleurs, nous avons une stratégie de vente indirecte, c’est-à-dire que nous cherchons à travailler avec des partenaires métiers susceptibles d’implémenter notre technologie de façon quasiment invisible pour leurs clients. Nous avons par exemple noué un partenariat avec ePressPack (qui propose des solutions de digitalisation des relations presse et publiques) à qui nous avons livré une solution back-end, appelée KeeeX Fusion, qu’ils intègrent depuis 2019 à leur propre plateforme et qui leur permet de créer des communiqués de presse “keeexés” pour leurs clients professionnels.

Quelles sont les prochaines étapes pour votre entreprise ?

Nous sommes en phase de croissance et nous souhaitons nous développer sur plusieurs axes. L’un de ces axes est le document isolé : les photographies, mais aussi les diplômes, les bulletins de paie, les documents à très longue durée de vie qui doivent être stockés de manière sécurisée pendant longtemps. L’une de nos valeurs fortes, c’est que les fichiers keeexés sont protégés sans limitation de durée. Or la valeur légale de ces documents peut perdurer pendant plusieurs dizaines d’années, voire davantage pour les fichiers contenant des informations techniques relatives aux bâtiments dans le cadre des processus BIM (Building Information Modeling), le jumeau numérique du bâtiment.


Les solutions permettant de vérifier l’identité des personnes vont se généraliser.


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