Plus de 300 milliards d’e-mails sont échangés chaque jour dans le monde. Faites-vous partie de ceux qui les suppriment régulièrement ? Combien de vidéos avez-vous visionnées sur les réseaux sociaux cette semaine ? Et surtout, sauriez-vous quantifier l’impact carbone que ces usages numériques représentent ?
Contrairement à notre consommation d’électricité domestique, l’impact environnemental de nos usages numériques reste en effet largement invisible et, en tant qu’utilisateur, quantifier ses émissions de CO2 liés au digital relève souvent du casse-tête. Vous avez peut-être entendu dire qu’il fallait supprimer ses e-mails afin d’éviter le stockage inutile de données. Mais saviez-vous que la transmission de vidéo représente 80% du trafic mondial de données, générant ainsi plus de 300 millions de tonnes CO2 en une année ?
Orange, en tant qu’acteur majeur du numérique, est sensible à cette problématique. L’accompagnement des clients dans leurs usages du numérique et la réduction de l’empreinte carbone liée à ces usages est l’un des enjeux de sa Responsabilité Sociale d’Entreprise. Orange s’est ainsi fixé un objectif ambitieux sur le sujet : atteindre le net zéro carbone d’ici 2040. Cet engagement se décline sur 3 scopes, découpage permettant de catégoriser les différentes sources d’émissions. Le scope 1 correspond aux émissions directement produites par les activités de l’entreprise issues de combustibles fossiles. Le scope 2 inclut les émissions indirectes liées à la consommation d’énergie achetée par l’organisation.
Enfin, le scope 3 correspond aux émissions indirectes qui résultent des activités de l’entreprise et englobe par exemple les usages que font les clients des produits et services Orange. C’est l’un des scopes sur lequel il est particulièrement important d’agir.
Pour parvenir à l’objectif zéro carbone, les équipes de recherche d’Orange explorent notamment comment encourager les utilisateurs à l’adoption de pratiques numériques plus responsables grâce à des interfaces homme-machine de systèmes interactifs.
Au travers de cette expérimentation, la Recherche d’Orange vise à apporter des recommandations aux concepteurs de services en faisant le lien entre les théories en sciences comportementales et les principes de l’interaction de l’interaction humain machine.
Des incitations douces pour nous aider à changer nos habitudes
Certaines habitudes peuvent être difficiles à changer. Combien sommes-nous à avoir tenté de nous mettre au sport ou d’arrêter de fumer une fois les fêtes de fin d’année passées ?
Pour nous motiver et susciter la prise de conscience, des systèmes existent : les systèmes d’aide au changement de comportements. En économie, on parle de Nudges. Ce sont de petits coups de pouce pour nous aider à changer nos comportements. Par exemple, ces messages ou dessins croisés dans le métro qui vous invitent à prendre l’escalier plutôt que l’escalator. Ou encore le nombre de like sur le partage de votre dernière activité sportive.
Créer ce genre de système pour la sobriété numérique, enjeu de société majeur, demande d’étudier les utilisateurs, leurs usages, leurs attitudes, leurs motivations et de comprendre les freins au changement de comportements. Les théories en psychologie nous fournissent des clés pour mieux comprendre ces facteurs. Elles nous disent notamment que lorsque l’on s’engage à plusieurs, on est plus motivé dans la réalisation d’une tache et l’atteinte d’un objectif. Peut-on appliquer cela aux comportements de sobriété numérique ?
Et comment incarner un accompagnement à la sobriété numérique dans une interface attractive et adaptée aux besoins des utilisateurs ? La difficulté réside dans la traduction de ces connaissances en systèmes interactifs concrets.
C’est tout l’enjeu du projet de recherche mené actuellement par Orange.
Une expérimentation familiale qui fait le pont entre sciences comportementales et design d’interaction
En préalable au lancement de l’expérimentation, une étude initiale auprès d’utilisateurs a permis d’en apprendre plus sur les motivations individuelles concernant la sobriété numérique et sur certaines lacunes concernant l’impact environnemental des usages. Cette étude a réuni 30 participants autour de la question du numérique responsable lors d’un café numérique, forum en ligne d’Orange dédié aux études utilisateurs. Cette première étude a montré que les usagers du numérique savent définir ce qu’est le numérique responsable, mais qu’ils rencontrent des difficultés à clairement identifier à la fois les usages ayant un impact environnemental et les leviers d’action permettant de réduire leur empreinte carbone. Concernant leurs motivations, nous avons pu observer que, dans l’ensemble, les usagers du numérique souhaitent réduire l’impact de leur consommation de ressources numériques, mais qu’ils ont besoin d’être accompagnés dans cette démarche. Les participants ont ainsi exprimé leur souhait d’accompagnement qui pourrait prendre la forme d’une démarche collective, en famille, autour d’objectifs et/ou de défis stimulant l’intérêt de tous et rendant ludique le changement d’habitudes. Cette étude a permis de fournir des recommandations pour la suite des recherches et d’alimenter la définition du dispositif à tester.
Notre équipe de recherche mène donc actuellement une expérimentation.
Les chercheurs ont conçu un dispositif original que des familles testent actuellement. Ce système combine une application mobile et une boîte interactive installée au domicile des participants. L’objectif est double : accompagner les foyers dans la prise de conscience de leurs émissions de CO2 liées au numérique et les aider à atteindre des objectifs de réduction hebdomadaires. Grâce à ce dispositif, les familles peuvent visualiser en temps réel l’impact de leurs habitudes digitales et se fixer collectivement et individuellement des défis de réduction d’empreinte carbone.

La mise en place d’une démarche familiale a d’ores et déjà permis de créer un climat d’apprentissage collectif et de prise de conscience ludique par les membres du foyer sur les problématiques de suffisance numérique. La matérialisation d’un accompagnement dans le monde physique au travers de la boîte et de LED, compteurs ou afficheurs permet également de s’intégrer pleinement dans la vie quotidienne du foyer. Ainsi, la sobriété devient un sujet de discussion au sein de la famille et même un défi ludique entre ses différents membres.
Au travers de cette expérimentation, la Recherche d’Orange vise à apporter des recommandations aux concepteurs de services en faisant le lien entre les théories en sciences comportementales et les principes de l’interaction humain machine.
L’objectif est de développer des interfaces qui rendent la sobriété numérique accessible, compréhensible et même désirable.
Le chemin vers un numérique plus durable se construit ensemble
La transition vers un numérique plus responsable ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté individuelle. Elle nécessite des outils adaptés qui aident chacun à prendre conscience de son impact et à modifier progressivement ses habitudes. À travers cette recherche, Orange démontre que la sobriété numérique peut devenir une démarche collective, ludique et intégrée naturellement dans notre quotidien. Ces travaux de recherche s’inscrivent dans la volonté d’Orange d’accompagner ses clients vers un usage plus raisonné, plus responsable des ressources numériques à leur disposition. Le chemin vers la sobriété n’est pas solitaire, c’est une démarche collective à laquelle nous ambitionnons de fournir un soutien efficace, coup de pouce après coup de pouce… et qui commence par la prise de conscience de cet impact par chacun d’entre nous.
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Des nudges pour un numérique plus responsable ? – Hello Future







