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Anca Boboc, sociologue chez Orange


« Nous apportons une vision plus large aux acteurs opérationnels »


Spécialisée dans les usages des technologies numériques en entreprise, Anca Boboc est sociologue à Orange Labs au sein de la Division Innovation, Marketing et Technologies d’Orange. Elle raconte son travail au sein de cette entité qui analyse l’impact des nouvelles technologies sur nos vies, au travail et en dehors.

De la Roumanie à la France, de l’industrie automobile aux télécoms, et de l’ingénierie à la sociologie du travail, le parcours d’Anca Boboc épouse la volonté de cette sociologue chez Orange Labs de comprendre la complexité des situations de travail quotidiennes et de déchiffrer l’impact du progrès technique sur les évolutions du travail.

Issue d’une formation d’ingénieur, elle ressent très vite l’envie de s’ouvrir aux sciences humaines et sociales. Elle quitte alors la Roumanie, son pays natal, pour compléter son diplôme d’ingénieur avec un DEA et une thèse de doctorat à l’École nationale des ponts et chaussées.

Forte d’une thèse sur les formes de socialisation dans la conception automobile, qui s’est appuyée sur plusieurs années de recherche de terrain chez Renault et lui a permis de développer son expertise en sociologie du travail, Anca Boboc rejoint le laboratoire de sciences sociales d’Orange Labs, au début des années 2000. Nous sommes au moment de l’essor massif des outils numériques dans les lieux de travail.

Un parcours et un rôle transverses

« Nous avons un rôle très transverse au sein d’Orange, nous travaillons avec l’ensemble des fonctions, explique Anca Boboc. Nous les aidons à prendre du recul, nous apportons une vision plus large aux acteurs opérationnels et nous diffusons les connaissances, afin d’alimenter leurs réflexions. »

Le parcours de la sociologue témoigne de cette transversalité. Elle a par exemple travaillé avec Orange Labs sur des expérimentations de solutions techniques développées par les équipes de recherche, avec Orange Business Services sur une étude sur les usages des TIC à la frontière entre vie privée et vie professionnelle menée entre 2009 et 2011, ou avec la RSE dans le cadre du Digital Society Forum où elle a porté le forum “Travail et numérique”.

De 2011 à 2013, Orange a monté un grand chantier d’étude sur les usages des réseaux sociaux d’entreprise, auquel Anca Boboc a contribué. « Orange était précurseur dans ce domaine, puisqu’il venait de mettre en place un réseau social interne, Plazza, avec une panoplie de fonctionnalités déjà très large et un nombre d’inscrits important. En termes de recherche, c’était extraordinaire de voir comment les salariés cherchaient à s’approprier un tel outil. » La sociologue a mené des enquêtes qualitatives sur les usages de ses utilisateurs, mais aussi sur l’activité des animateurs de communautés, une fonction relativement peu connue à l’époque et qui deviendra par la suite celle de community manager…

Comment une sociologue travaille-t-elle chez Orange Labs ? « Nos travaux sont alimentés par toutes les questions qui se posent, aussi bien à l’intérieur du Groupe qu’à l’extérieur, répond Anca Boboc. Nous nous approprions la question et lisons les autres travaux scientifiques menés sur le sujet avant de construire et lancer l’étude. Nous traduisons ensuite les résultats en apportant aussi bien des réponses opérationnelles, qu’en publiant dans des revues scientifiques. »

Cet ancrage dans le monde académique et les interactions avec d’autres acteurs externes sont importants. Anca Boboc fait par exemple partie du conseil scientifique de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), ce qui lui permet d’avoir une vision large de qui se passe et des questions qui se posent dans les entreprises françaises.

Les chercheurs valorisent les résultats de leurs études aussi bien en interne, dans les différentes entités du Groupe, qu’en externe, dans le monde académique ou dans le cadre du tissu des relations inter-entreprises d’Orange. « Nous nous alimentons des deux côtés, et diffusons aussi des deux côtés, ce qui, je pense, contribue à l’image d’un opérateur humain et responsable. Orange avance dans le domaine du numérique, et il avance en connaissance de cause. »

Valeur ajoutée

La première étude d’Anca Boboc portait sur l’avenir du téléphone fixe en entreprise, en 2002, à l’époque où les cabines téléphoniques disparaissaient peu à peu de l’espace public.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Quels sont les outils les plus intéressants dans l’espace de travail ? « Je ne dirai pas qu’il y a des outils plus importants que d’autres. Ce qui compte, c’est la valeur ajoutée que l’usage de ces outils apporte par rapport à une activité donnée, à un moment donné, affirme la sociologue. Je peux être sur le réseau interne Plazza pendant trois mois parce que j’ai un évènement à organiser et ne plus l’utiliser ensuite pendant un certain temps … Il y a l’e-mail – c’est l’outil de  base -, et ensuite il y a une panoplie d’outils dans laquelle les salariés piochent en fonction des besoins, individuels ou collectifs, de leur activité, de leurs dispositions personnelles ou professionnelles liées à leur parcours, de ce qui a été mis à disposition par l’entreprise, etc. »

En ce qui concerne les technologies de demain, Anca Boboc préfère ne pas se perdre en conjectures : « J’attends avec impatience de mettre en expérimentation les technologies qui arrivent sur les lieux de travail pour voir quels outils seront adoptés, sous quelles conditions, et comment ils contribueront à l’évolution de l’organisation et de l’environnement de travail. »

La sociologue conclut avec une phrase qui vaut manifeste : « En tant que sociologue du travail, ce qui m’intéresse, ce sont surtout les facteurs – individuels, collectifs, organisationnels – d’appropriation de ces technologies plutôt que les technologies elles-mêmes. »

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