• La fraude à l’identité prospère sur les fuites de données, en forte augmentation, en particulier en France. Elle vise notamment le numéro de mobile.
• Chez Orange, la business unit Orange LiveNet propose, avec ses partenaires, une API (interface de programmation) dédiée : Signaux de confiance.
• Les partenaires invités à un webinaire animé par le journaliste Jérôme Bouteiller font, avec Orange, l’état des lieux et échangent sur les solutions B2C (Business-to-Consumer) et B2B (Business-to-Business).
La situation se dégrade, alerte la Cnil
Une étude de Surfshark montre que la France est le deuxième pays au monde le plus touché par les fuites de données (mots de passe, noms d’utilisateurs, numéros de téléphone, adresses, numéros de Sécurité sociale, données bancaires).
« Le numéro de téléphone mobile, parce qu’il est le point d’entrée vers notre vie numérique, est la cible principale des fraudeurs », explique Alexandre Zermati, Product manager API identité anti fraude chez Orange LiveNet. Les fraudeurs l’utilisent pour du smishing (SMS vers un lien en réalité malveillant), du vishing (appel avec un numéro usurpé), du SIM swap (pour prendre le contrôle d’une SIM) et du vol d’ (interception du mot de passe à usage unique envoyé pour confirmer une action sur une application ou un site). « La bonne nouvelle, c’est que le mobile peut être notre meilleur outil de défense. »
Jean-Pierre Lim, Head of Product chez DQE (« Data Quality Everywhere »), confirme : « Le numéro de mobile est plus robuste qu’un simple identifiant, comme une adresse email, qui peut être vraiment vulnérable à la fraude et récupéré. » Le contexte est cependant celui d’une industrialisation et d’une automatisation des attaque, qui entraînent une recrudescence des fraudes.
La fintech Pledg, spécialiste du paiement fractionné, travaille à minimiser les failles, explique son directeur des opérations Robin Devals. Une des méthodes consiste à réduire la saisie de données demandée aux clients.
API Camara – Signaux de confiance
C’est là qu’interviennent les API des opérateurs, fédérés par l’initiative Camara. Les API Camara fournissent des outils essentiels pour renforcer la sécurité et lutter contre la fraude. Orange LiveNet propose ainsi l’API « Signaux de confiance : votre boîte à outils pour lutter contre la fraude à l’identité ».
KYC Match. Cette API « Know Your Customer » vérifie les informations saisies par l’utilisateur lors de l’inscription à un service. Elle vérifie le prénom et le nom avec les données de l’opérateur. Elle permet une détection des incohérences et des tentatives d’ouverture de compte frauduleuse et une fluidification des parcours clients. Côté consentement, elle utilise l’intérêt légitime pour traiter les données personnelles sans consentement explicite.
Number Verification. Cette API remplace le SMS OTP en vérifiant que le numéro de téléphone utilisé pour l’authentification est bien celui connu par l’application. Cela réduit les étapes d’authentification et améliore la sécurité et l’expérience utilisateur. Le consentement de l’utilisateur est nécessaire pour la version 2.1, mais pas pour la version 1.0.
SIM Swap. Cette API détecte un changement récent de carte SIM, signalant un risque potentiel de fraude. Elle est populaire principalement au Royaume-Uni et aux États-Unis, où elle est utilisée en complément d’autres signaux pour améliorer le moteur de scoring.
Une solution efficace et en expansion
Ces API Camara fonctionnent bien, détaille Alexandre Zermati : standardisées, elles sont disponibles auprès de 291 opérateurs dans le monde, couvrant 80% des connexions mondiales. Pledg, précise Robin Devals, prévoit de déployer ces API dans 20 pays en Europe d’ici 2027, commençant par le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. La standardisation permet un déploiement plus facile à l’international, avec des API déjà disponibles en Espagne et en Allemagne, conclut Jean-Pierre Lim. Prochainement, des signaux supplémentaires, avec KYC Tenure, permettront d’améliorer la prise de décision.
Directeur des opérations chez Pledg, fintech détenue par le Crédit Agricole, qui permet aux commerçants de proposer à leurs clients de régler leurs achats en paiement fractionné.