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Les réseaux à l’épreuve du dérèglement climatique


« Les enjeux liés à la résilience des réseaux de communication ne bénéficient pas aujourd’hui de la même dynamique que les questions de sécurité numérique. »


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Sur fond de dérèglement climatique, les épisodes extrêmes se multiplient, mobilisant opérateurs de télécommunications et autorités publiques pour maintenir ou remettre les réseaux en état de fonctionnement. Les technologies de l’information et de la communication sont mises à contribution.

Cent soixante-neuf incidents sur les réseaux de communication en Europe ont été répertoriés en 2017 par l’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information (Enisa), qui précise que 17 % des pannes étaient dues aux phénomènes climatiques, tels que neige, glace, tempêtes et incendies. Trois ans auparavant, ce taux n’était que de 5 %.

La multiplication des pannes liées aux phénomènes naturels confirme l’urgence pour les parties prenantes, et notamment les opérateurs, de rétablir rapidement les liaisons endommagées, afin de garantir le service minimum de communication aux clients. Cette garantie de service est appelée « résilience des réseaux ».

Une expression que l’Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (Arcep) définit dans son rapport d’activité 2018 comme « la capacité d’un opérateur à assurer le retour à un fonctionnement normal des infrastructures qu’il opère et des services qu’il fournit dans le délai le plus court possible, à la suite de défaillances majeures de son réseau causant des dégradations et des interruptions de service ».

La résilience est clé en cas d’événement dramatique, comme celui qu’a connu la Floride avec l’ouragan Michael en octobre 2018, pour assurer les communications nécessaires à l’organisation des secours, mais aussi permettre aux services les plus sensibles, comme les hôpitaux ou les pompiers, de fonctionner malgré les pannes.

En France, c’est dès la fin du xxe siècle que la tempête de l’hiver 1999, encore dans tous les esprits, est venue souligner, à destination des autorités et des opérateurs de télécommunications, la nécessité de concevoir et de maintenir des réseaux de communication, mais aussi d’énergie, robustes, fiables, en un mot : résilients.

Or, regrette l’Arcep dans un avis à la Cour des comptes fin 2016, bien que « cruciaux », « les enjeux liés à la résilience des réseaux de communication ne bénéficient pas aujourd’hui de la même dynamique que les questions de sécurité numérique ».

L’Enisa a identifié cinq champs d’action pour sécuriser les réseaux et les rendre résilients : le cloud computing (services déportés), la détection d’anomalies et le diagnostic en temps réel des composants des réseaux, les réseaux sans fil, les réseaux de capteurs et enfin l’intégrité de la chaîne logistique.

Le cloud computing

Ainsi, les entreprises recourent de plus en plus à plusieurs services de cloud afin d’optimiser leurs coûts tout en bénéficiant des solutions les plus innovantes, garantissant un haut niveau de disponibilité des serveurs.

De même, les opérateurs, à l’instar d’Orange, se tournent vers le multicloud, qui permet de garantir l’interopérabilité et la flexibilité dans l’exploitation des données, des services et des communications, et donc leur sécurité et leur fiabilité.

De plus, la répartition des rôles entre différents réseaux permet de répartir les risques, condition classique de la sécurisation. Définie par le terme de « fog computing », cette combinaison de réseaux et de cloud computing vient compléter « la boîte à outils numériques » dans laquelle on trouve le multicloud, le diagnostic en temps réel des composants des réseaux, les réseaux sans fil et les réseaux de capteurs.

Les réseaux de capteurs

La résilience se construit aussi grâce à l’Internet des objets, également sollicité pour prédire les incidents et ainsi mieux les pallier. Les capteurs déployés permettent de collecter des informations sur le réseau, mais aussi des données exogènes comme les conditions météorologiques. Les flux de datas ainsi rassemblées, une fois traités, vont permettre la prise de décisions des responsables de réseaux et des autorités confrontés aux événements climatiques. Ces capteurs sont connectés par des réseaux spécifiques, LoRaWAN™ ou LTE-M par exemple, dédiés au transport des données issues de l’IoT. Il est aussi envisagé de traiter en local les données issues des capteurs, via la technologie d’edge computing.

La détection d’anomalies et le diagnostic en temps réel des composants des réseaux

Les données issues des différents capteurs servent à alimenter en temps réel des algorithmes de détection des anomalies et de prise de décision automatiquement, pas des algorithmes d’intelligence artificielle.

Également dans le champ des solutions à base d’intelligence artificielle, la reconfiguration automatiquement des réseaux en fonction du trafic constitue une piste sérieuse, explorée notamment par des ingénieurs d’Orange.

Les types de décisions prises par ces systèmes sont variés : reconfiguration automatique, alerte des équipes d’intervention, priorisation des trafics, adaptation des réseaux mobile.

Les réseaux sans fil

La résilience passe aussi par l’adaptation des réseaux mobile. En Floride par exemple, bien qu’un certain nombre d’antennes relais aient été endommagées par l’ouragan Michael, le réseau mobile s’est avéré relativement performant du fait des chevauchements des sites cellulaires qui permettent une continuité de service.

Les opérateurs ont aussi déployé des antennes mobiles montées sur des camions pour réparer certaines mailles du réseau. La résilience peut aussi passer par des solutions simples.

Il est aussi envisagé de déployer des plateformes aériennes flexibles dotées d’antennes 4G pour « remailler » un réseau détérioré lors d’une catastrophe naturelle. Le projet européen ABSOLUTE (« Aerial Base Stations with Opportunistic Links for Unexpected & Temporary Events ») repose sur ce principe pour déployer rapidement un réseau sans fil dans les zones en difficulté.


« Les enjeux liés à la résilience des réseaux de communication ne bénéficient pas aujourd’hui de la même dynamique que les questions de sécurité numérique. »


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