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« L’artiste et le scientifique, deux pionniers qui dialoguent »

A l’occasion de la Fiac (19-22 octobre), David Edwards, le créateur du Laboratoire, lieu d’exposition d’« Artscience », évoque les relations et les convergences entre la création artistique et la recherche scientifique.

En 2008, vous avez publié un ouvrage intitulé « Artscience. Creativity in the Post Google Generation ». Qu’entendez-vous par « Artscience » ?

David Edwards. A la frontière de la connaissance ou de l’expérience, tant artistique que scientifique, apparaissent des situations nouvelles, inattendues, imprévisibles. Nous touchons là à un processus intuitif, inductif, mais aussi analytique permettant de donner une traduction simple à une situation complexe. Ce parallèle créatif entre l’art et la science est ce que j’appelle l’Artscience. Dans la période actuelle d’évolution radicale des institutions, de l’alimentation, de la santé, de la communication, tout le monde est à la frontière. D’une certaine manière, nous sommes tous des pionniers.

Quelle est la finalité du Laboratoire, ce lieu d’exposition consacré à l’« Artscience » que vous avez ouvert en 2007 à Paris puis en 2014 à Cambridge (Etats-Unis) ?

D. E. L’idée du Laboratoire est partie de ma propre expérience. Je suis scientifique et il y a quelques années je travaillais au développement de vaccins. La barrière entre mon travail et le public était si grande que j’ai souhaité à un moment donné avoir un contact direct avec les gens et leur ouvrir mon laboratoire, mais à travers une approche plus artistique. Ce projet a été très bien accueilli à Paris, nous avons donc commencé ici avec une première exposition signée Patrice Hyber.

FIGURE STUDIES PAR DAVID MICHALEK

Quel bilan tirez-vous de l’expérience du Laboratoire à Paris ?

D. E. Le Laboratoire de Paris a fermé ses portes fin 2014. Je l’ai rouvert aux Etats-Unis dans un espace plus grand avec un restaurant d’expérimentations culinaires, le Café Artscience. Mais Le Laboratoire continue toujours à Paris comme en témoigne notre partenariat avec Laurent Le Bon du Musée Picasso qui accueillera le 18 octobre à l’occasion de la Fiac la remise du « Frontier Art Price » décerné à Doug Aitken, avec le concours du nouveau World Frontiers Forum. Globalement, l’expérience du Laboratoire est un succès, plusieurs œuvres que nous avons initiées sont aujourd’hui dans de grands musées comme « Singing Cloud » de Shilpa Gupta ou « Rivers of time » de William Kentridge.

Vous êtes le concepteur du « CellBag » avec Mathieu Lehanneur ou de l’emballage biodégradable « WikiPearl » avec François Azambourg. L’association de l’art et de la science est-elle avant tout destinée à apporter des solutions pratiques au public ?

D.E. Le principe de ma démarche autour de Laboratoire est en effet de donner du sens en produisant des produits issus de la confrontation d’un artiste et d’un scientifique, deux maîtres, deux pionniers qui dialoguent.

En quoi l’émergence d’internet et du numérique a-t-elle stimulé cette rencontre entre art et science ?

D.E. Dans ce monde virtuel qui détruit les barrières dans tous les domaines, le rôle de l’artiste est de donner une représentation de ce flot de données, lui donner un sens. L’œuvre de Martin Wattenberg par exemple, qui travaille avec Google, illustre parfaitement cette démarche.

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